La prostituée et le soldat

Avant 1914, les autorités militaires ne se préoccupent pas de la sexualité des soldats. Pendant le conflit, avec le développement de la précarité économique d’une partie de la population, et les besoins sexuels des « poilus », privés de femmes, la prostitution connaît un développement important. Craignant la diffusion de maladies vénériennes, l’armée réagit par des conférences médicales et des affiches, qui mettent plus l’accent sur la force de la chasteté que sur les précautions effectives avant un rapport sexuel.

Sur cette affiche, apparaît en haut la figure du « poilu » auréolé de lauriers et de drapeaux de la victoire. Sur la gauche, le même soldat est enlacé par une prostituée. Sur le côté droit, il est assis sur un banc au-dessus duquel est marqué le mot hôpital. Enfin, en bas, une tête de mort et des ossements croisés ainsi que des branchages qui ressemblent à des barbelés, terminent l’ensemble. Ces scènes, et le texte qui les accompagne, mettent en garde le soldat de ce qui l’attend s’il fréquente une prostituée : la maladie et même la mort. Ils font appel au patriotisme du poilu, qui doit pouvoir résister et donner toute son énergie au combat.

La femme apparaît ici comme la tentatrice, qui peut amener le soldat à la mort, aussi sûrement que la guerre, sans se préoccuper du sort des prostituées elles-mêmes.  La prostitution n’est d’ailleurs pas seulement le fait de femmes depuis longtemps dans le métier, mais aussi d’autres qui sont dans le besoin et qui n’ont que ce recours pour survivre.

Cartel

Datation : 1916

Auteur : Théophile Alexandre Stinlen

Matériaux : Lithographie sur papier

Techniques :

Lieu de création :

Hauteur :
0,840 m

Largeur :
0,597 m

Poids :

N° inventaire : 2001.1.10

Historique :