Arbalète à jalet dite de Catherine de Médicis

En 1540, Catherine de Médicis est l’épouse de l’héritier du trône, le Dauphin, futur Henri II. Elle devient reine en 1547, à la mort de François Ier. Après la mort accidentelle d’Henri II en 1559, Catherine, plusieurs fois régente, exerce une forte influence sur ses fils et le gouvernement du royaume. Amenée à louvoyer entre catholiques et protestants, pendant les guerres de Religion, elle y gagne l’image d’une reine machiavélique. Par son goût pour les arts, elle participe au rayonnement culturel de la cour.

Destinée à tirer des balles d’argile pour la chasse au petit gibier, cette élégante arbalète est réalisée dans les matières les plus précieuses. L’arbrier est en bois de palissandre du Brésil où sont sculptés des entrelacs, des guirlandes et des masques, dans le goût du maniérisme de l’Ecole de Fontainebleau. La figure isolée d’un dauphin, sculptée en ronde-bosse, qui rappelle le statut de Dauphine de Catherine, se détache sur le plan supérieur. L’arc est en fer poli et les autres accessoires sont brunis et damasquinés d’or. La légèreté de l’arme, conçue vraisemblablement pour un usage féminin et la présence de la lettre initiale « C » sous couronne royale, permettent de la rapprocher de Catherine de Médicis. La Dauphine est, en effet, férue de chasse et fait preuve d’une endurance peu commune pour une femme à l’époque. Elle est même à l’origine de la monte du cheval en amazone, c’est-à-dire une jambe passée par-dessus l’encolure et retenue par le pommeau de la selle.

Cartel

Datation : Vers 1540

Auteur :

Matériaux : Palissandre (bois tropical), cordage, fer, laiton et or

Techniques :

Lieu de création : France

Hauteur :
0,80m

Largeur :
0,42m

Poids :

N° inventaire : L115

Historique : Exposée au musée des Souverains, elle intègre le musée de l'Artillerie, ancêtre du musée de l'Armée, le 29 juin 1872