Armure de Louis XIV

Destiné à un homme de taille moyenne et d’une certaine corpulence, ce harnois a contribué à écarter l’image traditionnelle d’un Louis XIV à la frêle allure. Présent diplomatique de la République de Venise destiné à obtenir l’aide (en argent et en hommes) du roi de France pour combattre les Turcs, l’armure – réalisée dans les ateliers de Brescia par les frères Garbagnate – n’a vraisemblablement jamais été portée par le Très Chrétien, l’usage de l’armure complète ayant été abandonné à la guerre depuis une quinzaine d’années.

L'intérêt de cette armure réside davantage dans sa décoration que dans sa conception. Signée de Giovan Battista da Garbagnate, sa construction très massive, aux formes lourdes et sommaires, semble en effet déjà désuète au milieu du XVIIe siècle. En revanche, le programme iconographique réalisé par son frère Francesco est remarquable tant du point de vue esthétique qu'historique.

Pour rappeler son prestigieux destinataire, la devise latine de Louis XIV, " Nec Pluribus Impar ", et son emblème - un soleil à visage humain -, ont été gravés au burin sur la capeline au-dessus de la visière (visuel 2). Une fleur de lys géante se détache également sur le plastron (visuel 3) et la dossière de l'armure (visuel 4). Des médaillons illustrant les principaux épisodes de la guerre de Dévolution contre les Pays-Bas espagnols (1667-1668), à laquelle le souverain avait participé, s'insèrent dans ces fleurs. Au centre du plastron, le médaillon principal représente un Louis XIV victorieux recevant les clés de la ville de Lille le 28 août 1667.

Cartel

Datation :

Auteur : Francesco et Giovan Battista da Garbagnate

Matériaux : Fer, cuir et textile

Techniques : Gravure

Lieu de création : Brescia, Lombardie (Italie)

Hauteur :
1,69 m

Largeur :
0,82 m

Poids : 27 Kg

N° inventaire : G 125

Historique : Offerte par la République de Venise au roi Louis XIV en 1668. L’armure figure sur l’Inventaire des collections de la Couronne sous le numéro 376 en 1793 avant d’être envoyée au muséum des Antiques de la Bibliothèque nationale en 1797. Remise au dépôt d’Artillerie en 1798, elle est versée au musée des Souverains en 1852 avant d’être réintégrée au musée d’Artillerie en 1872.