Arquebuse à mèche japonaise

En débarquant en 1543 à Tanegashima, sur les côtes de l’île de Kyushu, les Portugais n’imaginent sans doute pas transformer la société japonaise. Pourtant, en offrant une série de mousquets à mèche au feudataire de l’actuel Kagoshima, c’est tout l’art de la guerre à la nippone qu’ils vont bouleverser. D’à peine 500 exemplaires en 1555, le nombre des mousquets à mèche dépassait les 30 000 unités en 1566. Leur utilisation à la bataille de Sekigahara (1600) permit au futur shogun Tokugawa Ieyasu (1543-1616) d’imposer son autorité sur l’archipel.

Largement postérieur à la diffusion du mousquet à mèche sur l’ensemble du territoire japonais puisque conçu au cours du XIXe siècle, notre spécimen marque l’extrême attachement des Nippons à ce type d’armes à feu pourtant délaissé en Europe à partir du XVIIe siècle, au profit de la platine à silex (objet complémentaire 1) à la fois plus sûre, plus aisée à manier et plus rapide d’utilisation.

Avec sa masse considérable (6, 45 kg), sa faible longueur (1, 05 m) et son fort calibre (0, 018 m), cette arquebuse à la crosse réduite et à la platine en laiton (visuel 2) est utilisée comme arme de rempart. Le canon, taillé à huit pans, a reçu un traitement décoratif soigné autour de volutes incrustés d’argent et de motifs géométriques damasquinés d’or. L’arquebusier a pris le soin de signer son œuvre – en caractères japonais taillés en relief et peints en rouge – directement sur la partie inférieure du fût en bois (visuel 3).

Cartel

Datation : XIXe siècle

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer, laiton, or, argent et bois

Techniques : Damasquine

Lieu de création : Japon

Hauteur :
1,05 m

Largeur :
0,11 m

Poids : 6,45 kg

N° inventaire : M 2337

Historique : Don de monsieur de Vigan au musée d’Artillerie le 28 février 1884

Objets complémentaires

Estampes tirées des Mémoires d’Artillerie de Surirey de Saint-Rémy (1745) présentant un mécanisme à silex