Arquebuse à rouet

Assez proche par son aspect extérieur des tschinkés d’Europe centrale, ces carabines de chasse légères utilisées notamment pour le tir au posé, notre arme est une version tardive des arquebuses à rouet, qui furent utilisées à la chasse jusqu’au XVIIIe siècle. Le système à silex, né dans la première moitié du XVIIe siècle, avait supplanté le rouet à la guerre depuis les années 1680. Rappelons que le principe du rouet consiste à enflammer la charge grâce aux étincelles arrachées à une pyrite par une roue dentée tournant rapidement, tandis que la platine à silex fonctionne par la percussion d’une pierre à feu sur une lame métallique.

Très richement décorée, cette arquebuse à rouet présente également plusieurs originalités techniques : le rouet est entièrement recouvert d’une pièce métallique en forme de cloche (visuel 2). Disposant d’une âme rayée, le canon a, quant à lui, été façonné en étoile (visuel 3), tandis que la crosse abrite en son centre un astucieux magasin à accessoires qui se découvre en faisant glisser une petite languette de bois (visuel 4).

Le travail d’ornementation, proche de la marqueterie, comporte des incrustations d’ivoire d’une finesse remarquable. Lièvres, faisans et chiens de chasse attestent de l’utilisation cynégétique de l’arme, même si d’autres sujets (masques grotesques et satires) placés au centre de volutes et de rinceaux végétaux ornent également cette arme de goût baroque (visuel 5). Les pans supérieurs du canon et le chien sont gravés. Si les rinceaux du canon sont presqu’entièrement effacés, on y décèle toutefois des fleurs de lys, le visage d’un homme barbu étant visible à la base du chien.

Cartel

Datation : Vers 1680

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer, ivoire et bois

Techniques : Ciselure, gravure et incrustations

Lieu de création : Bavière (?), Allemagne

Hauteur :
1,14 m

Largeur :
0,08 m

Poids : 4,06 kg

N° inventaire : M 198

Historique : Ancienne collection du musée d’Artillerie