l'arquebuse à la nymphe

Les premières armes à feu portatives sont des arquebuses. D’abord pourvu d’une platine à mèche, elles sont ensuite dotées du mécanisme à rouet, qui reproduit le principe du briquet pour la mise à feu. Ce système semble avoir été produit en Allemagne au début du XVIe siècle. L’arquebuse est une arme qui tue à distance et qui ne requiert qu’une formation relativement sommaire : elle est donc considérée comme une arme de lâche par Bayard lui-même, et accusée d’être à l’origine du déclin des valeurs chevaleresques.

Cette arquebuse à rouet, datant de 1620,  s’inspire du « goût espagnol », avec une crosse en ronde-bosse magnifiquement ouvragée, et une platine à rouet de type portugais, avec son monumental ressort extérieur.

La scène représentée est à connotation érotique : une nymphe est assise sur un bouc, tenant par les cheveux un satyre dont les mains sont liées derrière le dos.
Ce thème rappelle peut-être la déesse Aphrodite chevauchant le dieu Pan. Le bouc symbolise souvent la luxure, et au XVIe siècle, il devient même l’attribut des sorcières et du vice.

La nymphe peut également faire référence aux courtisanes, que fréquentent de nombreux hommes à l’époque. En effet, l’influence de la religion  aboutit  à une culpabilisation de la sexualité et instaure des interdits au sein des couples mariés. La courtisane devient alors un recours aux fantasmes masculins. L’adultère en faveur des hommes est ainsi toléré, tandis que les femmes demeurent, elles, assujetties à leurs maris et aux lois.

Cartel

Datation : Vers 1620

Auteur : Chisa (?)

Matériaux : Bois, métal

Techniques :

Lieu de création : Italie du Sud

Hauteur :
1,405m

Largeur :

Poids :

N° inventaire : M 59

Historique : Donateur inconnu