Autoportrait en cavalier masqué décapité

Ressortissant russe, d’origine polonaise par sa mère, mais élevé en France et intégré aux milieux littéraires et artistiques d’avant-garde français, l’écrivain Wilhelm Apollinaria de Kostrowitsky, dit Guillaume Apollinaire (1880-1918) tente de s’enrôler dans l’armée française dès le début de la guerre, en août 1914. Il est finalement incorporé en novembre 1914 et participe notamment aux combats de la deuxième offensive de Champagne. Il est atteint à la tête par un éclat d’obus le 17 mars 1916.

Evacué du front à cause de sa grave blessure, Apollinaire subit une trépanation. L'opération le sauve de la paralysie, mais le laisse très affaibli. L'artiste se fait porter à l'hôpital une boîte d'aquarelle et travaille à un projet d'édition illustrée du Poète assassiné, resté inachevé.
L'Autoportrait en cavalier masqué décapité, dont le style semble être influencé par les avant-gardes russes, correspond à la scène finale du Poète assassiné : "Venu à cheval jusqu'aux lignes, avec une corvée de rondins et enveloppé de vapeurs asphyxiantes, le brigadier au masque souriait amoureusement à l'avenir, lorsqu'un éclat d'obus de gros calibre le frappa à la tête d'où il sortit, comme un sang pur, une Minerve triomphale." Apollinaire a réalisé d'autres autoportraits. L'Autoportrait en canonnier fait également partie de la série. Le musée de l'Armée a acquis les 2 œuvres en février 2012.
Apollinaire meurt le 9 novembre 1918, des suites de l'épidémie de grippe espagnole.

Cartel

Datation : 1916

Auteur : Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Matériaux : Papier

Techniques : Aquarelle, mine de plomb

Lieu de création : France

Hauteur :
0,19 m

Largeur :
0,125 m

Poids :

N° inventaire : 2012.4.2

Historique : Collection Pierre et Franca Belfond ;2012, achat en vente publique