Bacinet à bec de passereau

Défense de tête utilisée en Europe entre 1370 et 1430, le bacinet est reconnaissable à son mézail, c’est-à-dire la protection du visage, prolongé en pointe aigüe. Ce profil a inspiré aux archéologues français du XIXe siècle l’appellation de bacinet à bec de passereau, mais d’autres dénominations ont été adoptées à l’étranger ; ainsi, les Anglais préfèrent-ils le terme de "Pig faced bacinet", soit bacinet à tête de cochon, tandis que les Allemands ont opté pour "Hundsgugel" que l’on peut traduire par bacinet à tête de chien.

Ces défenses de tête, qui témoignent déjà de l'excellence des forgerons de la fin du XIVe siècle, à un moment où le harnois blanc (l'armure complète de fer poli) se développe à peine, représentent un perfectionnement notable. Le timbre, c'est-à-dire la protection du crâne, façonné en ogive dans une seule plaque de métal comme le mézail aigu contribue à dévier les coups, tandis que la visière pivotante permet au combattant de s'aérer et d'élargir son champ de vision d'un simple geste. Notons que les trous de ventilation ne sont percés que du côté droit, moins exposé aux chocs.

Ce type de protection est relativement rare. Le musée de l'Armée conserve et expose plusieurs bacinets, dans un remarquable état de conservation, parmi ses riches collections médiévales (visuel 2).

La guirlande de trous percée sur le rebord inférieur du timbre (visuel 3) correspond au système d'accrochage du camail de mailles qui protégeait la gorge et les épaules du chevalier.

Cartel

Datation : Vers 1350-1380

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer forgé

Techniques : Polissage

Lieu de création : Europe occidentale

Hauteur :
0,29 m

Largeur :
0,20 m

Poids : 3,25 kg

N° inventaire : H 21

Historique : Provient de la collection du prince Soltykoff, acquise par Napoléon III en 1861. Exposé à Pierrefonds, puis versé, en 1880, au musée d’Artillerie.