Bombarde de la Chapelle aux Naux

Les bombardes sont les plus imposantes pièces d’artillerie du Moyen-Âge. Réalisées en fer forgé ou en bronze, leur poids atteint souvent plusieurs tonnes. Utilisées lors des sièges de villes ou de châteaux, ces pièces étaient transportées sur des chars tirés par des bœufs ou parfois sur des bateaux. La bombarde de la Chapelle-aux-Naux tire son nom de la commune sur laquelle elle fut découverte en 1894. C’est actuellement la plus grosse bombarde en fer forgé conservée au musée de l’Armée.

Au Moyen-Âge, les grosses bouches à feu en fer forgé sont composées de plusieurs pièces assemblées à la manière des tonneaux de bois. C'est le cas de cette bombarde. Elle est réalisée à partir de longues lames de fer, les douves (visibles à l'intérieur, visuel 2), maintenues ensemble grâce à des bagues visibles de l'extérieur. L'une des extrémités du "tube" ainsi formé est fermée par une culasse inamovible dans laquelle se trouve la chambre à poudre. Cette dernière pouvait contenir une charge de poudre noire considérable (plusieurs kilos !) qui propulsait le boulet en pierre à plusieurs centaines de mètres dans un bruit assourdissant. Ces bombardes avaient donc aussi un effet psychologique : le bruit de l'explosion terrorisait l'ennemi et certains chroniqueurs l'assimilent à l'arrivée du diable sur terre. Les boulets de cette bombarde pesaient environ 125 kg. Ils ébranlaient la maçonnerie des fortifications et l'on parvenait ainsi à ouvrir des brèches.

Cartel

Datation : XV° siècle

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer forgé

Techniques :

Lieu de création : Inconnu (France)

Hauteur :
2 m

Largeur :
486 mm

Poids : Boulet en pierre d’environ 125 kg

N° inventaire : N 37

Historique : Repérée dans la Loire où elle était presque entièrement ensablée en 1894, cette bombarde a été sortie de l’eau en 1897. Elle a été déposée au musée d’Artillerie par décret ministériel du 19 avril 1898 et fut enregistrée à l’inventaire le 17 mai de la même année.