Canon algérois de Dupont

Au XIXe siècle, Alger était connue comme "la Ville aux mille canons". Ses remparts étaient garnis de nombreuses pièces d’artillerie. Un grand nombre de ces bouches à feu provenait de dons du sultan ou de prises de guerre. Mais Alger disposait aussi d’une fonderie qui lui permettait de produire des canons en faisant appel, si nécessaire, au savoir faire de fondeurs étrangers. En effet, les traités de paix signés entre Alger et ses ennemis mentionnent souvent une aide à la fabrication d’armement ou dans certains cas, la fourniture de matériel.

Ce canon en bonze a été réalisé à Alger par un fondeur français : François Dupont, venu de la fonderie de Rochefort. La morphologie de cette bouche à feu s’apparente donc à celle des canons classiques français. Quelques détails diffèrent cependant : la forme des anses de manutention et le décor en creux dont les motifs sont typiquement orientaux. Les dimensions de cette pièce sont impressionnantes : elle mesure 14,5 pieds de longueur (4,70 m) alors qu’une pièce française de même calibre ne mesure que 10 pieds, et l’épaisseur de la paroi mesure 1,26 calibre contre 1 calibre pour les pièces françaises. Il s’agit donc d’un canon très renforcé comme les orientaux avaient l’habitude d’en produire depuis la fin du Moyen Âge. Les pièces allongées permettent également une meilleure précision du tir et une plus grande portée. La ville d’Alger employait ces pièces en grande quantité : elles permettaient de toucher les bateaux qui passaient au large des côtes.

Cartel

Datation : Entre 1775 et 1780

Auteur : François Dupont

Matériaux : Bronze

Techniques :

Lieu de création : Tlemcen (Algérie)

Hauteur :
4,70 m

Largeur :

Poids : 6174 kg

N° inventaire : N 674

Historique : Pris à Alger en 1830, déposé aux Invalides en juillet 1832

Objets complémentaires

Canon de 3 livres