Canon annamite

Cette pièce d’artillerie a été ramenée en France à la suite de la campagne de Cochinchine (1858-1862). Ce qui était d’abord une expédition punitive pour des raisons commerciales contre le royaume d’Annam (actuel Viêt-Nam), se transforme en une guerre longue et difficile. La majorité des combats se déroule dans le sud du pays. La victoire française est entérinée par le traité de Saigon, qui crée la Cochinchine, première province de l’empire colonial français en Extrême-Orient.

Ce canon de petit calibre possède une ornementation damasquinée extrêmement travaillée. Cette technique artistique consiste à enchâsser un fil de métal noble – ici, de l’argent – sur un support métallique, en l’occurrence un canon en fonte de fer. Sur cette pièce, on trouve de nombreuses décorations d’inspiration végétale. Ces damasquinures sont localisées à des endroits précis du canon : bouton et plate-bande de culasse, pourtour de la lumière, tourillons et plate-bande intermédiaire, astragale et bourrelet de la bouche. A noter l’extrémité du bouton de culasse, décorée de fines feuilles végétales sculptées.

A ces diverses ornementations, il faut ajouter une série de caractères damasquinée sur le premier renfort. Cette phrase inscrite en alphabet khmer serait une locution religieuse présentant le canon comme « une puissance de la piété ». L’utilisation de cet alphabet indiquerait une provenance occidentalo-méridionale de la pièce, à proximité du Cambodge voisin.

Cartel

Datation : XIXe siècle

Auteur : Inconnu

Matériaux : Font de fer, argent

Techniques :

Lieu de création : Sud-Est asiatique (Cambodge, Annam)

Hauteur :
1,13 m

Largeur :

Poids :

N° inventaire : 57 I ; N 751

Historique : En 1863, après la campagne de Cochinchine, ce canon a intégré les collections du musée d'Artillerie, ancêtre du musée de l'Armée