Canon ottoman

Cette bouche à feu décorée d’une tête de serpent fait partie des trois premières pièces ottomanes entrées dans les collections du musée de l’Artillerie en 1845. Sa morphologie et son décor tout à fait particulier témoignent des échanges culturels entre Orient et Occident au XVIe siècle, notamment en matière d’art militaire. En effet, après l’alliance franco-turque conclue en 1536 entre François Ier et Soliman le Magnifique, on remarque une influence française non négligeable sur l’artillerie ottomane.

Ce canon a été fabriqué entre 1530 et 1540. Sa forme générale se rapproche de celle des bouches à feu françaises dont le modèle se stabilise sous les règnes de Louis XII et de François Ier. La morphologie du cul-de-lampe est identique à celle des pièces françaises réalisées à partir des années 1500-1510. Même le décor de fleurs de lys, typiquement français, se retrouve sur ce canon ottoman et court sur toute sa longueur. Les anciens inventaires du musée d’Artillerie précisent que cette bouche a été réalisée "à l’imitation des canons français" et y voyaient la preuve de la supériorité de l’artillerie française puisqu’elle était copiée jusque dans l’Empire ottoman. La bouche de ce canon est décorée par une tête de serpent. Les monstres et animaux fantastiques étaient assez souvent utilisés au XVIe siècle pour décorer les pièces d’artillerie prestigieuses dont le musée de l’Armée conserve quelques exemplaires rarissimes au sein de ses collections.

Cartel

Datation : Vers 1530

Auteur : Inconnu

Matériaux : Bronze

Techniques :

Lieu de création : Alger

Hauteur :
2,90 m

Largeur :

Poids : 1500 kg

N° inventaire : N 667

Historique : Entré au musée d'Artillerie en 1845