Chanfrein

Avec la présentation de ce chanfrein, nous quittons la description de l’équipement du combattant du XVe siècle pour nous intéresser à celui de sa monture. Tout aussi vulnérable que son propriétaire sur le champ de bataille, comme dans le contexte plus pacifique des joutes, le cheval représentait une cible particulièrement exposée. Le cavalier avait tout intérêt à se soucier de la protection de son « partenaire » dont dépendait son efficacité tactique.

Rapproché de l'atelier des Missaglia, célèbre dynastie d'armuriers actifs à Milan dans la seconde moitié du XVe siècle, ce chanfrein est pourvu d'une têtière à laquelle il est relié par une charnière. Une trentaine de rivets massifs sur le pourtour de la pièce fixaient la garniture intérieure, mais le décor est avant tout assuré par des chevrons travaillés en relief sur les oreillères (visuel 2) et sur la partie inférieure du chanfrein, ainsi que par une rondelle de frontal au centre de laquelle s'échappe une pointe métallique (visuel 3).

Divisée en seize facettes radiales, la rondelle sert de support à un porte-plumail cylindrique duquel jaillissaient les couleurs du cavalier. Cette ornementation de nervures repoussées dans le métal évoque le style des ateliers germaniques contemporains, que les armuriers italiens imitaient à l'occasion, produisant des pièces "alla Tedesca" qui contrastaient, par leur décor nerveux, avec les réalisations parfaitement lisses qui représentaient leur spécialité.

Cartel

Datation : Vers 1470

Auteur : Attribué aux Missaglia

Matériaux : Fer

Techniques : Fer forgé, repoussé

Lieu de création : Italie

Hauteur :
0,58 m

Largeur :
0,19 m

Poids : 0,9 kg

N° inventaire : G PO 2375

Historique : Faisait partie de l’ancienne collection de Georges Pauilhac, acquise par le musée de l’Armée en 1964.