Cimetière de Melegnano, le lendemain de la bataille (7 juin 1859)

Les reportages photographiques produits durant la campagne d’Italie de 1859 montrent la guerre par ses effets les plus durs. Alors que les premiers reporters de guerre en Crimée n’avaient montré du conflit que des lieux en ruines, ce type d’image fait tomber une barrière que s’imposait jusqu’ici la photographie, celle de représenter les réalités de l’affrontement sur les corps. Jules Couppier inaugure une nouvelle représentation de la guerre, celle des combattants morts sur un champ de bataille.

L'image, prise dans le cimetière de Melegnano dont on aperçoit les murs au dernier plan, témoigne de l'âpreté des combats qui s'y sont déroulés le 6 juin 1859, opposant Français et Autrichiens. Les corps des combattants sont entassés les uns sur les autres, évocation sans artifices de la violence d'un affrontement qui laissa environ 2 200 soldats hors de combat. Si la volonté documentaire prime et évite tout effet spectaculaire, la composition trahit une certaine maladresse, un poteau venant troubler la vision de la scène sur la partie droite de l'image. Cette œuvre reste néanmoins unique, donnant aux cadavres une matérialité inédite. Avec l'utilisation d'images stéréoscopiques comme celle-ci, diffusées largement par les maisons d'éditions, le spectateur peut, à l'aide d'un appareil spécialisé installé dans son salon, recréer l'illusion du relief et s'immerger au cœur du drame. Mais ces représentations de la guerre en relief ne recevront pas la faveur du public en raison de la rudesse des sujets.

Cartel

Datation : 1859

Auteur : Jules Couppier

Matériaux :

Techniques : Epreuve stéréoscopique sur papier albuminé

Lieu de création : Melegnano

Hauteur :
0,069 m

Largeur :
0,136 m

Poids :

N° inventaire : 2011.10.1

Historique : Ancienne collection Pierre-Marc Richard ; 2011, achat en vente publique