Cimetière en Crimée

En mission officielle pour réunir les éléments nécessaires à la réalisation d’un panorama sur la guerre d’Orient Jean-Charles Langlois se rend en Crimée en novembre 1855, accompagné d’un assistant, Léon Méhédin, afin de documenter le théâtre des opérations par la photographie. Les deux hommes doivent se hâter de réaliser leurs prises de vue avant l’hiver et la destruction des installations militaires. Leur mission est la première initiative officielle française de documentation d’un conflit par la photographie.

Langlois et Méhédin arrivent en Crimée deux mois après la chute de Sébastopol et n'assistent donc pas aux derniers combats. Langlois considérait Méhédin comme un simple assistant et prit fort mal ses initiatives personnelles visant à réaliser des prises de vue pour son propre compte. Considérée comme un simple "dessin instantané" par Langlois, la photographie était au contraire regardée comme un mode d'expression à part entière par Méhédin qui tira de spectaculaires panoramas de son voyage en Crimée. En raison du temps écoulé après les combats, les reportages montrent essentiellement les effets de la bataille sur les bâtiments ou les paysages. Les conséquences humaines sont néanmoins évoquées dans ce cimetière du génie photographié par les deux artistes. Ceux-ci montrent l'alignement des tombes de soldats tombés au combat alors qu'au premier plan canons et outils de sapeurs remettent l'image dans son contexte guerrier. Réalisée par des peintres pour un peintre, cette image montre la visée essentiellement documentaire alors attribuée à la photographie.

Cartel

Datation : 1855-1856

Auteur : Langlois, Jean Charles (1789-1870), dit le Colonel ; Léon-Eugène Méhédin (1828-1905)

Matériaux :

Techniques : Epreuve sur papier salé contrecollé sur carton, à partir d’un calotype

Lieu de création : Sébastopol

Hauteur :
0,238 m

Largeur :
0,320 m

Poids :

N° inventaire : 2011.16.3

Historique : 2011, achat en vente publique

Objets complémentaires

Léon-Eugène Méhédin (1828-1905). Panorama de Sébastopol. Vers 1854-1856. Epreuve sur papier albuminé.

Jean-Baptiste-Henri Durand-Brager (1814-1879). Panorama de la rade de Sébastopol. Après octobre 1855. Epreuve sur papier albuminé