Cuirasse dite « de Grenoble »

Utilisé pour façonner des armes, le métal est également mis en œuvre pour protéger le combattant. Mais le coût élevé de ce matériau en réserve l’usage aux guerriers les plus opulents ou oblige à limiter les premières protections à de simples plaques directement apposées sur la poitrine. A l’âge du bronze comme aujourd’hui, la réalisation d’une arme fait souvent appel aux technologies les plus innovantes élaborées par une civilisation et devient, de ce fait, le marqueur du niveau technique ou du développement industriel atteint par une société.

Un plastron et une dossière constituent cette cuirasse. Chacun de ces deux éléments est réalisé à partir d'une simple tôle de bronze de faible épaisseur (0,5 à 1 mm) qui épouse les caractéristiques physiologiques du torse et du dos. Le plastron est directement riveté à la dossière, l'élasticité de la tôle de bronze permettant de la revêtir en écartant les deux coques rivetées ensemble. En revanche, la fragilité de ce système d’attache autorise à penser que notre objet était plus destiné à la parade qu’à un usage strictement militaire. Le décor - constitué de deux éléments en relief : la bossette et le pointillé - qui court sur l’ensemble de la surface de la cuirasse, est un autre facteur qui plaide pour une parure d’apparat. A noter pour finir que la typologie et le style décoratif de cet ensemble permettent de le rapprocher d'une pièce similaire, la cuirasse de « Naples », elle-même conservée au musée du Louvre.

Cartel

Datation : fin du IXe siècle avant Jésus Christ

Auteur : Inconnu

Matériaux : bronze, cuivre

Techniques : bossette, pointillé

Lieu de création : Europe occidentale

Hauteur :
0,43 m

Largeur :
0,39 m

Poids : 2,9 kg

N° inventaire : B’ 4

Historique : Découverte en 1860 dans un cours d’eau à Véria (Jura).