Epée à deux mains

L’épée à deux mains constitue une des innovations liées à la «nouvelle escrime» qui se met en place dans la seconde moitié du XIVe siècle, alors que les combattants nobles se couvrent de plates rigides. Cette évolution de l’équipement défensif s’accompagne de nouveaux usages tactiques : mieux protégé, le chevalier est handicapé par la vulnérabilité de sa monture et se résout souvent à combattre à pied. L’épée à deux mains est particulièrement adaptée à ce type d’affrontement. Notons que le combat à pied en champ clos devient, à la même époque, une discipline sportive, pratiquée dans le contexte courtois des tournois ou dans celui plus rare et plus dangereux des duels judiciaires.

Malgré sa longueur, 1, 26 m, l'épée présentée ici reste maniable et légère, la longueur de la longue fusée recouverte de cuir laissant une grande latitude pour le positionnement des mains. Afin de faciliter une escrime rapide et de ne pas gêner les mouvements du poignet, le pommeau, de taille réduite, a adopté un schéma piriforme (visuel 2). L'épée à deux mains sera également employée à la guerre par des corps d'infanterie, particulièrement au sein des mercenaires suisses et des lansquenets germaniques, à partir de la fin du XVe siècle. Elle y était utilisée pour créer des brèches dans les bataillons adverses, en sectionnant les hampes des piques.

La claymore, arme écossaise traditionnelle aux quillons ornés de quadrilobes ajourés (objet complémentaire), est également une épée à deux mains qui prendra, à partir du XVIIe siècle, comme la plupart de ces armes, une dimension plus cérémonielle que guerrière.

Cartel

Datation : Vers 1470-1500

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer et cuir

Techniques : Fer forgé

Lieu de création : Allemagne ou Danemark (?)

Hauteur :
1,26 m

Largeur :
0,27 m

Poids : 1,24 kg

N° inventaire : J PO 1962

Historique : Faisait partie de l’ancienne collection de Georges Pauilhac, acquise par le musée de l’Armée en 1964

Objets complémentaires

Claymore écossaise