Epée de fantassin

Bien qu’elle se caractérise par une extrême simplicité formelle, l’épée reste, pendant toute l’époque médiévale, investie d’une grande charge symbolique. Le roi de Castille et Léon Alfonse X le Sage (1221-1284) établit ainsi dans son ouvrage Siete Partidas (les Sept Parties) une correspondance étroite entre les principales vertus de l’homme – sagesse, courage, force et justice – et les quatre composantes de l’épée : pommeau, poignée, garde et lame.

L'épée reste pourtant, malgré cette dimension symbolique, un outil extrêmement commun, loin, comme on le pense parfois, d'être réservé aux combattants nobles. L'exemplaire présenté ici, solide et court, était sans doute destiné à un fantassin. Les quillons (visuel 2) et le pommeau (visuel 3) sont réalisés en bronze. Les quillons, relativement courts, sont tournés vers la pointe, aujourd'hui lacunaire, tandis que l'imposant pommeau circulaire équilibre la lourde lame. Cette dernière, de forme triangulaire et de section losangique, est renforcée par une forte arête médiane sur toute sa longueur. On relève en son centre une marque de fabrique composée d'un rectangle surmonté d'une couronne (visuel 4). Rigide, aiguë et adaptée aux coups d'estoc, cette arme est prévue pour le combat contre un adversaire équipé d'un "harnois blanc".

Cartel

Datation : Début du XVe siècle

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer et cuivre

Techniques : Fer forgé

Lieu de création : France (?)

Hauteur :
0,75 m

Largeur :
0,16 m

Poids : 1,64 kg

N° inventaire : J 31

Historique : Entre dans les collections du musée d’Artillerie en 1880 après avoir fait partie de la collection personnelle de Napoléon III au château de Pierrefonds.