Éperon porté par Napoléon Ier

Montant probablement à cru dans sa jeunesse corse, Napoléon reçoit quelques leçons d’équitation lors de son séjour à l’École militaire. Il n'est pas cependant ce qu’on appelle un bon cavalier : "L'empereur montait à cheval sans grâce, et je crois qu'il n'aurait pas toujours été très solide si l'on n'avait pas mis tant de soin à ne lui donner que des chevaux parfaitement dressés". (Constant, Mémoires) Mais il fait preuve d’une bonne résistance physique et peut rester à cheval plusieurs heures d'affilée, plusieurs jours durant.

Cet éperon est porté par Napoléon Ier lors des campagnes de 1812, 1813, 1814, 1815 et à Sainte-Hélène, et semble être conçu pour une botte forte, c'est-à-dire une botte à la tige dure et ne faisant aucun pli.
L'objet provient de l'une des 12 paires fournies par l'orfèvre attitré de l'empereur, Martin-Guillaume Biennais.
Sur cet accessoire en argent, conçu pour un pied droit, on distingue la petite boucle d'attache, où passe une courroie, probablement en cuir, qui rattache l'éperon à la botte.
Plusieurs inscriptions sont gravées a posteriori sur les branches :

  • à l'extérieur : " L'empereur Napoléon, campagnes de 1812.1813.1814.1815. St Helena ", qui atteste l'origine de l'objet.
  • à l'intérieur : " Le Baron E. de Las Cases à J.B. Lousadajun[ior]. Esq[uire] ", qui fait référence à Emmanuel de Las Cases, compagnon de l'empereur dans son exil jusqu'à fin 1816. Il en tirera un ouvrage : Le Mémorial de Saint Hélène, vecteur important de la légende napoléonienne. Las Cases offrit cet éperon à J.B. Lousada, chevalier anglais.

Cartel

Datation : Entre 1805 et 1812

Auteur : Biennais (Martin-Guillaume)

Matériaux : Argent, acier

Techniques :

Lieu de création : France

Hauteur :
0,115 m

Largeur :
0,090 m

Poids :

N° inventaire : 6739 ; Ca 23

Historique : Don de Napoléon III au musée des Souverains puis déposé aux Invalides le 10 juillet 1908