Fourche du régiment Dauphin

La fourche n’est pas une arme à proprement parler. Au XVIIe siècle, elle sert pendant les sièges à manipuler les gabions (sortes de paniers remplis de terre) et les fascines (fagots de bois) pour aménager les retranchements. Elle peut servir d’arme, ponctuellement, lors des assauts ou à la défense d’une brèche. Les sergents de grenadiers du régiment Dauphin sont autorisés par Louis XIV à porter la fourche, en souvenir du siège de Mons en 1691 au cours duquel ils prennent de nombreuses fourches à l’ennemi.

En 1691, la France est plongée dans la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697). En Flandre, l’armée du duc de Boufflers assiège la ville de Mons à partir du 15 mars. Le 2 avril, le régiment Dauphin-infanterie emporte un « ouvrage à cornes » (une fortification avancée). Après que l’artillerie ait fait une brèche dans les murs, les grenadiers, des soldats de choc, sont chargés de donner l’assaut. Les défenseurs sont armés de faux et de fourches, plus efficaces que les mousquets dans les combats au corps à corps. Le roi, pour commémorer cette action, décide de donner la fourche aux sergents de la compagnie de grenadiers de ce régiment en remplacement de leurs fusils et en souvenir des nombreuses fourches qu’ils prirent ce 2 avril. Cet exemplaire a été fabriqué par L. Gounod, un fourbisseur spécialisé dans les armes d’hast (à hampe), vers 1720. Ces armes restent en usage jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Le 102e régiment d’infanterie, héritier du régiment Dauphin, perpétue cette tradition jusqu’en 1815.

Cartel

Datation : Vers 1720

Auteur : L. Gounod l’aîné

Matériaux : Acier, bois

Techniques :

Lieu de création : Paris

Hauteur :
1,805 m

Largeur :

Poids :

N° inventaire : 18 Po

Historique : Ancienne collection Pauilhac