Hache-pistolet

La hache-pistolet appartient à ces armes combinées, souvent plus spectaculaires que réellement efficaces, qui enrichissaient les cabinets d’armes des XVIe et XVIIe siècles. Bien qu’elle ait pu faire partie de la panoplie des chasseurs de la Préhistoire, la hache a vu ensuite son rôle cynégétique se cantonner à briser les crânes et les os du gibier afin d’en extraire la cervelle et la moelle. En revanche, l’arme à feu qui l’accompagne ici peut permettre au veneur d’assurer sa sécurité, notamment face à un animal blessé.

Outre sa petite lame métallique gravée d’une guirlande végétale et son manche en bois incrusté de scènes de chasse en os où figurent des chiens courant après des lièvres (visuel 2), cette arme se caractérise par la présence d’un mécanisme de mise à feu et d’une baïonnette.

Si la platine à silex apparaît dès le premier regard sur la partie supérieure de la hampe (visuel 3), il n’en va pas de même pour la baïonnette. Astucieusement dissimulée dans le manche de l’arme, l’appendice se visse au talon de la hache pour faire passer sa longueur à près de 1,50 mètre (visuel 4). Cette arme offre donc une triple utilisation à son propriétaire qui pouvait tour à tour l’employer comme arme de choc, comme arme à feu et enfin, à la manière d’un brindestoc (canne à lame rétractable), comme épieu. Sa légèreté rend cependant son utilisation à la chasse peu probable ; il semble plutôt que cette pièce ingénieuse et curieuse a été réalisée pour le cabinet d’armes d’un amateur.

Cartel

Datation : Fin du XVIIe siècle

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer, bois et os

Techniques : Gravure et incrustation

Lieu de création : Europe centrale

Hauteur :
0,93 m

Largeur :
0,05 m

Poids : 1,44 kg

N° inventaire : J PO 2220

Historique : Faisait partie de l’ancienne collection de Georges Pauilhac, acquise par le musée de l’Armée en 1964.