Hegyestör

Les Hegyestör, traduit par épée-pique, sont des épées d’estoc, faites pour piquer et non pour tailler. Elles remplissent le même office que la lance et se portent à cheval, sanglées le long de la selle. Lorsque les premiers hussards se mettent au service de Louis XIV en 1692, ces Hongrois, déserteurs de l’armée autrichienne, sont équipés et armés à l’orientale. Si le Hegyestör est rapidement abandonné dans l’armée française, la mode « à la hongroise » s’impose dans la cavalerie légère dès le XVIIIe siècle.

Le Hegyestör est l’héritier des épées-piques qui se répandent en Europe à la fin du XVe siècle. En Occident, ces armes disparaissent durant la deuxième moitié du XVIe siècle, à mesure que le port de l’armure recule. En Europe orientale, l’adversaire principal étant les Turcs dont les troupes sont encore souvent équipées d’armures légères, ces épées restent en usage jusqu’au XVIIIe siècle.

La réalisation d’une lame longue et acérée (hegyes signifie pointu en hongrois) est difficile, donnant une importance particulière à l’arme. En 1690, pour être admis dans la corporation des armuriers de Košice, un important centre de production d’armes blanches situé dans l’actuelle Slovaquie, il fallait réaliser trois chefs-d’œuvre, dont le premier était un Hegyestör.

Cet exemplaire est, quant à lui, muni d’une lame réalisée par Peter Munnich à Solingen. Ces lames sont généralement à quatre pans, les lames à trois pans, comme ici, sont appelées lames-laîche, du nom d’une plante aux bords coupants appelée aussi carex.

Cartel

Datation : Vers 1670-1680

Auteur : Peter Munnich

Matériaux : Acier, bois, cuir

Techniques :

Lieu de création : Solingen

Hauteur :
1,53 m

Largeur :

Poids :

N° inventaire : J 292

Historique : Collection du musée de l’Artillerie