Sirène de la barde de cheval de Ferdinand Ier

La barde de cheval qui accompagne l’armure de François Ier appartient à Ferdinand Ier de Habsbourg, devenu empereur du Saint Empire romain germanique après l’abdication de son frère Charles Quint en 1556. Elle est l’œuvre de Jorg Seusenhoffer, grand armurier d’Innsbruck. Les ateliers germaniques développent, à l’époque, des styles d’équipement originaux, dont les décors gravés et très fermement tracés dépassent par leur perfection les ornements plus hâtifs des décors milanais, très en vogue à cette période.

Cette barde, qui date de 1547, est notamment un travail au repoussé, c’est-à-dire en martelant l’envers de la pièce à décorer.  Elle est ornée d’une sirène, femme poisson, ici dotée d’ailes. Ses cheveux sont relevés en chignon et retenus par un bandeau d’étoffe précieuse, prouvant la finesse d’exécution des graveurs. Elle est coiffée comme une Italienne du XVIe siècle, car l’époque cherche à reprendre les éléments de l’Antiquité, tout en les mettant au goût du jour. Sa poitrine et son ventre sont mis en relief, car les artistes de la Renaissance exaltent la beauté, pour mettre en valeur le corps humain, et la nudité féminine en particulier, objet du fantasme masculin.

La Renaissance, période de retour à l’Antiquité, reprend, en effet, l’image de la sirène, qui attirait les navigateurs par son chant envoûtant, les désorientant de telle façon qu’ils laissaient fracasser leurs bateaux sur les récifs. Elle intervient dans l’Odyssée d’Homère, où Ulysse et ses compagnons parviennent à lui résister.

Cartel

Datation : 1547

Auteur : Jorg Seusenhoffer

Matériaux : Fer, or

Techniques :

Lieu de création : Innsbruck

Hauteur :

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N° inventaire : G 554

Historique : Barde créée pour Ferdinand Ier, conservée au château d'Ambras, puis amenée en France sous Napoléon Ier au musée des Souverains, qui la cède en 1872 au musée d'Artillerie