La bataille de Verdun (1916) : Verdun, tableau de guerre interprété, projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés, nuées de gaz

La bataille de Verdun (février-décembre 1916) demeure la bataille la plus meurtrière de toute la Première Guerre mondiale (1914-1918), épisode de la guerre d’usure au cours de laquelle l’artillerie allemande tenta de « saigner à blanc » l’infanterie française. Bien que les moyens mis en œuvre soient considérables, les pertes allemandes sont aussi lourdes que celles de l’adversaire. Verdun leur coûte 280 000 hommes, tués, blessés, disparus ou prisonniers, tandis que l’armée française y perd 315 000 hommes.

Vallotton tente une expérience picturale où le symbole de la résistance de l'armée française à l'invasion ennemie, apparaît sous une forme quasi abstraite. Il représente un champ de bataille en proie au déluge dont l'espace est structuré de façon géométrique. La composition s'organise autour de faisceaux lumineux colorés se croisant au-dessus de flammes et de nuées de gaz en formant des triangles, tandis que sur la gauche s'abattent les lignes obliques de la pluie. La vision d'ensemble est celle d'un paysage de guerre où s'affrontent des forces antagonistes, la violence des intempéries et celle des hommes qui se battent. Le tableau concentre visuellement le déchaînement des moyens mis en œuvre pour détruire l'adversaire, la violence extrême des combats provoquant la désagrégation du paysage et l'effacement de l'humain derrière la machine. Le peintre ne rend pas compte des instants décisifs du combat mais cherche à donner une image synthétique de la guerre, d'où toute présence humaine a disparu.

Cartel

Datation : 1917

Auteur : Félix Vallotton (1865-1925)

Matériaux :

Techniques : Huile sur toile

Lieu de création : Paris

Hauteur :
1,14 m

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Largeur :
1,46 m

Poids :

N° inventaire : 21889 ; Eb 1518

Historique : 1976, achat à la Galerie di Meo, Paris