Le cimetière de Saint-Privat, le 18 août 1870

Cette étude préparatoire pour le tableau conservé au musée des Beaux-arts d’Arras témoigne, chez le peintre Alphonse de Neuville, d’un désir de raconter la défaite de 1870-1871 dans ce qu’elle a d’honorable. La scène montre l’ultime assaut de l’infanterie de la Garde prussienne contre les derniers défenseurs français du corps d’armée de Bourbaki dans le village de Saint-Privat, le soir du 18 août 1870. Une poignée de survivants se défendent jusqu’au dernier homme parmi les tombes du cimetière du village.

L'artiste se rend sur place en août 1880 et rapporte un dessin exact du cimetière dans lequel il décide de concentrer la représentation de l'effort suprême de résistance du 6e corps d'armée, à bout de forces et de munitions. Adossés à la muraille qui occupe le fond du tableau, deux officiers de chasseurs et un soldat de ligne, blessés, se tiennent debout, impassibles. Personnification de la résignation stoïque et du courage du vaincu qui sait qu'il n'a plus qu'à bien mourir, ils attendent leur fin. Au centre, les derniers combattants, chasseurs à pied du 9e bataillon et soldats d'infanterie des 4e, 10e et 12e bataillons de ligne, se pressent à la porte du cimetière tandis que les morts jonchent le sol. La défaite du 6e corps, dirigé par le maréchal Canrobert, coûta à l'armée prussienne 10 400 hommes, faisant dire au roi Guillaume : " Ma garde a trouvé son tombeau devant Saint-Privat ". Cette œuvre contribua à redonner une dignité aux vétérans de 1870, en commémorant leur sacrifice.

Cartel

Datation : 1881

Auteur : Alphonse Marie de Neuville (1835-1885)

Matériaux :

Techniques : Huile sur toile

Lieu de création : Paris

Hauteur :
1,180 m

Largeur :
1,900 m

Poids :

N° inventaire : 14628 ; Ed 347

Historique : 1959, don Raymond Nacenta