Le Solide, canon classique français de 12 livres

En 1666, Louis XIV et Louvois, désireux de moderniser l’artillerie royale, consultent plusieurs fondeurs et retiennent la proposition des frères Keller, originaires de Zurich. Entre 1669 et 1693, dans leurs fonderies établies à Douai, Besançon, Vieux-Brisach et Pignerol, Jean-Jacques et Jean-Balthazar Keller fabriquent des centaines de canons aux proportions harmonieuses et à l’ornementation élaborée. Le canon classique français est à la fois une arme et un support du discours monarchique.

Ce canon en bronze de 12 livres fut fondu à Douai par les frères Keller. Il se charge par la bouche et effectue un tir tendu, d'une portée utile comprise entre 500 et 600 m. Les pièces de 12 livres sont à la jonction entre les petits et les grands calibres. Aussi peuvent-elles être utilisées pendant les sièges et les batailles rangées.

L'ornementation exprime la puissance royale. Le nom du canon, "Le Solide", est inscrit sur la partie supérieure de la volée, ainsi que la devise de l'artillerie Ultima ratio regum, qui signifie "Le dernier argument du roi". Cette formule indique que quand la diplomatie a échoué, il revient au souverain de faire parler les canons, autrement dit de déclencher la guerre (visuel 2). La titulature du maréchal duc d'Humières, grand maître de l'artillerie entre 1685 et 1694, figure aussi sur la volée (visuel 3).

Le premier renfort est agrémenté des différents éléments de l'emblématique de Louis XIV : la devise Nec Pluribus Impar, qui signifie "Au-dessus de tous", le soleil à visage humain et la couronne royale (visuel 4).

Cartel

Datation : 1688

Auteur : Fondeur Jean-Jacques Keller

Matériaux : Bronze

Techniques : Fonte

Lieu de création : Douai (France)

Hauteur :
3,45 m

Largeur :
Calibre de 12 livres

Poids : Boulet en fonte de fer de 6 kg. Masse de 1620 Kg.

N° inventaire : N 105

Historique : Entré dans les collections du musée en 1838