Le solide, canon classique français

A la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV décide de doter son armée d’une artillerie puissante. En 1666, les frères Keller, fondeurs à Douai, proposent un modèle de bouche à feu en bronze, robuste et esthétique, qui deviendra le canon classique français. Ces pièces richement ornées et déclinées en plusieurs calibres (24, 16, 12, 8 et 4 livres) font rayonner l’image du roi sur les champs de bataille européens. Elles possèdent toutes un nom propre, ici : Le Solide.

Le canon classique symbolise l’autorité et la puissance guerrière de Louis XIV. Chaque pièce est marquée des armes de France, symbolisant l’Etat, surmontées d’un soleil (allégorie du roi) et de la devise personnelle de Louis XIV : NEC PLURIBUS IMPAR, qui signifie "Au-dessus de tous". Ces symboles indiquent que le roi, chef de l’Etat, doit protéger son peuple, mais aussi qu’il a le pouvoir de déclencher des guerres. Cela se produit lorsque la diplomatie échoue. Dans ce cas, la puissance du feu est le dernier argument du roi : la locution latine "ULTIMA RATIO REGUM" est inscrite sur la volée de tous les canons.

La symbolique royale des canons classiques est tellement puissante et explicite que bon nombre de pièces ont été burinées lors de la Révolution Française : le visage du soleil, la couronne et les fleurs de lys présentes dans les armoiries ont été soigneusement effacés pour marquer la disparition de l’Ancien Régime.

Cartel

Datation : 1688

Auteur : Jean-Jacques Keller, fondeur

Matériaux : Bronze

Techniques : Fonte

Lieu de création : Douai (France)

Hauteur :

Largeur :

Poids : 1 620 kg

N° inventaire : N 105

Historique : Entré dans les collections du musée en 1838

Objets complémentaires

Armoiries burinées au cours de la Révolution Française