Le Traître. Dégradation d'Alfred Dreyfus. Supplément illustré du Petit Journal, dimanche 13 janvier 1895

En 1894 éclate ce qui va rapidement devenir "L’Affaire Dreyfus". Le capitaine Alfred Dreyfus, attaché aux services secrets français, d’origine alsacienne et de confession juive, est accusé de trahison envers la patrie pour le compte de l’Allemagne. Condamné à la déportation à vie et dégradé, l’affaire connait des rebondissements jusqu’en 1906, date de l’acquittement de Dreyfus et de sa réhabilitation dans l’Armée. Pendant douze ans, la France est ainsi divisée entre 2 camps opposés : "dreyfusards" et "antidreyfusards".

En la relayant et en prenant parti pour l’un ou l’autre des deux camps, la presse joue un rôle  fondamental dans l’affaire. Des dizaines de journaux et revues de mouvances politiques différentes, voire neutres, ont ainsi eu un impact certain sur l’opinion publique. Mais c’est à partir de la convocation du premier conseil de guerre, en décembre 1894, que la presse illustrée s’implique sérieusement.

En effet, le 22 décembre, le Conseil déclare Dreyfus coupable de trahison à l’unanimité. La dégradation a lieu le 5 janvier à l’Ecole militaire à Paris. Dreyfus décrit cette scène en 1901 : "Un adjudant de la garde républicaine (…) arracha boutons, bandes de pantalon, insignes de grade du képi et des manches, puis il brisa mon sabre. Je vis tomber à mes pieds tous ces lambeaux d’honneur". En 1898, alors que le véritable coupable, le commandant Esterházy, est connu mais acquitté, Zola relance l’affaire en publiant dans L’Aurore une lettre ouverte au président de la République Félix Faure, le fameux "J’Accuse… !".

Cartel

Datation : 13 janvier 1895

Auteur : Fortuné Louis Méaulle (1844-1901) – dessin d’Henri Meyer

Matériaux : Papier

Techniques : Imprimé ; Lithographie

Lieu de création : Paris

Hauteur :
0,446 m

Largeur :
0,31 m

Poids :

N° inventaire : 2006.1.98

Historique :

Objets complémentaires

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