Les guerres de religion (1562-1598) : l’armure d’Henri IV

Pesant près de 30 kg, cette demi-armure correspond à l’équipement traditionnellement utilisé par les gens de pieds, mais alourdi ici par un épais plastron de renfort. Elle est complétée par deux défenses de tête, appelées « chapel » (visuel 2), et d’un brassard assurant la protection de l’avant-bras gauche (visuel 3). Son attribution au roi de France Henri IV (1553-1610) qui aurait pu porter un tel ensemble lors des nombreux combats qui ont accompagné son avènement au trône, date de la fin du XVIIIe siècle.

Plusieurs impacts témoignent de l'exposition de ce harnois aux armes à feu. Une trace de projectile, vraisemblablement une balle d'épreuve attestant de la résistance de l'armure, est visible sur la partie inférieure droite du plastron de renfort, tandis que la dossière est percée en son centre (visuel 4). Bien qu'il soit impossible de se prononcer quant à l'ancienneté ou à l'origine de ces marques, il est intéressant de rappeler que le roi de Navarre, couronné roi de France en 1589 a été blessé à plusieurs reprises au long de son règne. Il fut notamment touché aux reins le 5 février 1592 après la levée du siège de Rouen, par un tir d'arquebuse qui ne semble pourtant pas être responsable de la marque présente sur notre armure.
D'influence flamande, l'ensemble présente des similitudes avec les réalisations d'un armurier en vogue à la cour de Bruxelles à la même époque et connu sous le patronyme de " Maître MP ". L'ornementation est réduite à sa plus simple expression avec des fleurs de lys répandues autour des deux chapels et l'incision de doubles filets cernant chacune des pièces de l'armure.

Cartel

Datation : Fin du XVIe siècle

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer, cuivre et cuir

Techniques : Dorure, ciselure

Lieu de création : France

Hauteur :
0.63 m

Largeur :
0.64 m

Poids : 28.6 kg

N° inventaire : G 122 – H 216

Historique : Figure dans l’inventaire des collections de la Couronne sous le numéro 378. Déposée au Musée des Souverains en 1852, puis reversée à la Bibliothèque nationale après la dissolution de celui-ci. Entre au musée d'Artillerie le 29 juin 1872.