Les Parques, modèle de canon triple à la Figari

En France, à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, plusieurs inventeurs – la plupart du temps des fondeurs – proposent des bouches à feu à âmes multiples dans le but d’augmenter la puissance de feu de l’artillerie. Le premier et le plus célèbre d’entre eux est Isaac Emery, fondeur à Lyon, qui conçoit et réalise un canon à deux âmes. Bien que son invention soit un échec, son principe est repris en 1703 par un moine italien, Jacques-Marie Figari, qui propose un canon triple.

Par le biais d’une autre invention (un canon de 8 livres tirant deux boulets), le père Figari enthousiasme le maréchal de Saint-Hilaire, commandant l’artillerie de Guyenne, et lui soumet son projet de canon à trois âmes. Celui-ci l’autorise à faire fabriquer à Douai son canon pour expériences. Dès le mois de mai 1704, après que les essais se soient révélés concluants, Saint-Hilaire intègre 39 canons triples à la Figari dans l’artillerie de l’armée des Flandres, commandée par le maréchal de Villeroy. Ce dernier n’a pas dû partager l’enthousiasme de Saint-Hilaire car à partir de 1705, les canons triples ne sont utilisés qu’à de rares occasions. C’est le cas le 23 mai 1706 à Ramillies, où les soldats anglais en capturent un, encore exposé à la Tour de Londres aujourd’hui.

Il est fort possible que le modèle ait été réalisé à Douai à la même période que les canons. Son ornementation est toutefois très particulière : composée d’armes parlantes, elle rappelle le nom de baptême du modèle, Les Parques.

Cartel

Datation : Vers 1704

Auteur : Inconnu

Matériaux : Bronze, bois et fer

Techniques :

Lieu de création : France

Hauteur :

Largeur :

Poids :

N° inventaire : O 312

Historique : 1839 (catalogue Saulcy)