Namban-kabuto

Les échanges, notamment commerciaux, qui se multiplient à partir du XVIe siècle entre l’Occident et l’Orient ont parfois eu des effets inattendus sur l’armement. Cela est particulièrement visible au sein de l’archipel du Japon où l’on trouve trace de morions adaptés au goût local par adjonction d’éléments défensifs et ornementaux traditionnels. Le terme de « namban », que l’on peut traduire par « étranger », est alors accolé au terme de « kabuto » (casque) pour désigner ce type hybride de défense de tête.

Le namban-kabuto est constitué de deux éléments distincts. Tout d’abord un morion italien de la fin du XVIe siècle, décoré de larges bandes verticales gravées, et à l’arrière duquel subsiste un porte-plumail. Tombé entre des mains japonaises, ce casque subit alors un intéressant lifting avec la superposition d’un imposant couvre-nuque (photo 2). Articulé autour de cinq lances en métal lacées de soie bleue et laquées, ce « shikoro » est complété de deux ailerons sur le devant où se plaçaient jadis les armoiries du samouraï. Fait rarissime, les cordons en soie jaune grâce auquel le guerrier attachait son casque et montés selon le procédé Mitsu-Tsuke, ont subsisté.

Détail amusant, le morion est parfois remonté à l’envers comme sur l’exemplaire inventorié sous la cote H PO 288 (photos 3 et 4). Au lieu de courir vers l’arrière, le crochet situé au sommet du timbre pointe vers l’avant, tandis que le porte-plumail se retrouve positionné directement au-dessus du visage.

Cartel

Datation : Vers 1580-1600

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer, laiton et soie

Techniques : Laque, dorure et gravure

Lieu de création : Japon et Italie

Hauteur :
0,34 m

Largeur :
0,32 m

Poids : 2,72 kg

N° inventaire : H PO 347

Historique : Faisait partie de l’ancienne collection de Georges Pauilhac, acquise par le musée de l’Armée en 1964.