Panorama de Sébastopol

Arrivé en Crimée à la mi-novembre 1855, Léon Méhédin est employé en tant qu’assistant photographe par le peintre Langlois dans le but de rassembler des éléments nécessaires à la réalisation d’un panorama peint sur la prise de Sébastopol. Il réalise cependant pour son compte un ensemble d’épreuves exceptionnelles des batteries et des bâtiments abandonnés par les troupes alliées. Ces clichés réalisés avant la destruction des installations, font de lui un des pionniers de la photographie de guerre.

Plus que les hauts faits militaires évoqués par la présence du fût de canon et le drapeau français au premier plan, ce panorama offre une vue d'ensemble au ras du sol des témoignages des combats passés. A la différence du point de vue plus descriptif adopté par Durand-Brager, les monuments en ruines occupent une place centrale, faisant entrer le spectateur plus brutalement dans l'histoire d'autant plus que tout contexte d'action militaire se trouve exclu par le cadrage. Méhédin s'écarte dans ce cliché du propos documentaire et didactique envisagé par Langlois au profit d'une démarche artistique plus proche de la peinture, centrée sur l'évocation et l'émotion. Cette image, qui conserve une netteté parfaite malgré ses dimensions, est réalisée par juxtaposition de négatifs sur papier. La marque des raccords a ensuite été gommée au moment du tirage sur papier albuminé. Les panoramas de guerre connurent un grand succès mais leur réalisation, longue et coûteuse, limita leur utilisation.

Cartel

Datation : Vers 1854-1856

Auteur : Eugène Méhédin (1828-1905)

Matériaux :

Techniques : Epreuve sur papier albuminé tiré à partir de trois calotypes

Lieu de création : Sébastopol

Hauteur :
0,296 m

Largeur :
0,962 m

Poids :

N° inventaire : 7204/1 ; Fb 498

Historique : 1909, don capitaine Allain