Pistolet à rouet à double canon

La silhouette de ce pistolet n’est pas sans suggérer celle des couteaux de chasse qu’on associait parfois, au début du XVIe siècle, avec les premiers mécanismes d’armes à feu. Ces pièces étaient alors communément désignées sous le terme de « dague-pistolet » et elles semblent avoir plus particulièrement été destinées à l’activité cynégétique. Le montage de la poignée, constitué ici de deux plaquettes en bois de cerf (visuel 2), évoque les gardes des couteaux de chasse en usage à l’époque dans les régions rhénanes.

Situé dans la même phase chronologique et d’une construction proche de l’extraordinaire pistolet à double rouet de l’empereur Charles Quint (1500-1558) présenté au Metropolitan Museum à New York, le spécimen du musée de l’Armée s’en distingue par le mécanisme de mise à feu : les deux rouets ne sont pas juxtaposés, mais se situent en position inversée sur deux platines situées de part et d’autre de l’arme (visuel 3).

Chaque rouet, indépendant, est relié à son propre canon, ce qui contraint le tireur à renverser l’arme pour utiliser le second coup. Chaque mécanisme, pourvu d’une sureté, est actionné par une détente en forme de bouton pressoir.

Un poinçon resté sans identification, les lettres WP insérées dans un écu (visuel 4), est frappé sur le tonnerre des canons. D’une grande abondance, le décor rassemble des rinceaux et des entrelacs que la dorure recouvrait jadis entièrement.

Cartel

Datation : Vers 1550

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer et andouiller (bois de cerf)

Techniques : Dorure et gravure à l'acide

Lieu de création : Nuremberg (?), Bavière, Allemagne

Hauteur :
0,44 m

Largeur :
0,08 m

Poids : 1,36 kg

N° inventaire : M 1611

Historique : Appartenait à l’ancienne collection de Napoléon III au château de Pierrefonds. Entré au musée d’Artillerie le 26 mai 1880.