Redingote et bicorne de Napoléon Ier

Un manteau (la redingote) et un chapeau (le bicorne) : ces deux accessoires suffisent aujourd’hui à évoquer la silhouette légendaire de Napoléon. En l’associant à la main gauche glissée dans le gilet, l’image impériale, reprise par de nombreux artistes (objets complémentaires 1 et 2), se trouve ainsi durablement fixée. Napoléon, très attaché à ces accessoires, n’hésite pas à les faire raccommoder : il se montre en effet économe en matière vestimentaire, sauf lorsqu’il s’agit d’afficher les fastes de l’Empire.

Cette redingote grise est en réalité une capote, vêtement civil devenant sous l'Empire un équipement militaire. Elle est portée par Napoléon à Sainte-Hélène et probablement à Waterloo. D'une grande simplicité, elle n'indique ni le grade de général, ni le titre d'empereur de son propriétaire. Napoléon veille à apparaître ainsi vêtu devant ses hommes pour donner de lui l'image d'un chef proche et accessible.
Ce chapeau en feutre, appelé bicorne (visuel 2), n'est pas, lui non plus, une pièce militaire réglementaire. C'est à l'époque du Consulat (1801-1804) que Napoléon adopte définitivement le bicorne porté en bataille, c'est-à-dire à l'horizontale. Son décor simplifié se résume à une ganse de soie noire et à un bouton maintenant une cocarde, ici aux couleurs passées. Cet exemplaire, porté par l'empereur à la bataille d'Eylau (1807), est une fabrication du chapelier Poupard, qui fournit l'essentiel des coiffures de Napoléon.
Une vingtaine de chapeaux sont conservés aujourd'hui de part le monde. La redingote, en revanche, est une relique rare.

Cartel

Datation : Premier Empire (redingote) ; avant 1807 (chapeau)

Auteur : Poupard (chapeau)

Matériaux : Drap de laine, boutons en bois et fils de soie (redingote)
Feutre et soie (chapeau)

Techniques :

Lieu de création : France

Hauteur :
0,21 m (chapeau)

Largeur :
0,49 m (chapeau)

Poids :

N° inventaire : 5023 I (redingote) ; Ca 02 (bicorne)

Historique : Redingote : présentée au musée des Souverains (1852) et versée au musée de l’Artillerie (1891)
Chapeau : remis le jour de la bataille d’Eylau au peintre Gros, acheté par Delacroix (père du peintre), offert à Louis-Philippe Ier et remis aux Invalides en 1840 à l’occasion du retour des Cendres.

Objets complémentaires

Estampe aux bicornes

Tableau de Detaille