Restes de char au château de Chambord

Jean Delpech vécut en Indochine jusqu’en 1935. Mobilisé en 1939 dans les chasseurs alpins, il se met à dessiner et à croquer sans relâche ce qu’il a devant les yeux, produisant des "visions intérieures" de la guerre. Transcrivant le conflit à travers son regard de soldat, il livre une interprétation très personnelle de la Seconde Guerre Mondiale et exécute plusieurs reportages dessinés en tant que correspondant de guerre à la Première armée, notamment lors des campagnes d’Alsace et d’Allemagne en 1945.

Jean Delpech exprime sa vision personnelle des événements et réussit à faire coexister, dans une même image, l'utopie et le fait historique. Ses impressions de guerre sont très colorées, rappelant sa formation artistique à l'école des Beaux-arts de Hanoï. Influencé par l'Extrême-Orient dans la mise en page de la composition, faussement naïve, il choisit d'utiliser une perspective plongeante. Sous l'apparence d'une simple peinture de paysage, rendue à l'aide d'un contour à la plume et d'une adjonction de lavis et de gouache, il s'agit en réalité de montrer les aspects de la guerre moderne, dont la présence du char au centre de l'image constitue une des clés de lecture. Le thème des destructions de villes et de bâtiments, déjà abondamment traité par les artistes combattants durant la Première Guerre Mondiale, est également réinterprété par Delpech dans des compositions de petits formats comportant une profusion de détails par lesquels l'artiste confirme qu'il est avant tout un peintre d'Histoire.

Cartel

Datation : 1942

Auteur : Jean Delpech (1916-1988)

Matériaux :

Techniques : Encre de Chine, crayons de couleur, graphite, rehauts de gouache et aquarelle sur papier vélin.

Lieu de création : Chambord

Hauteur :
0,28m

Largeur :
0,38m

Poids :

N° inventaire : 20929-73

Historique : 1972, don de l’artiste

Objets complémentaires

Usine bombardée

La ville bombardée

Cantonnement d'un tabor, Allemagne