Serrure et sa clé-pistolet

Mais que vient donc faire cette serrure dans les collections du musée de l’Armée ? Si la question semble légitime de prime abord, on constate avec stupéfaction et après un examen plus approfondi que la clé se mue en pistolet miniature au prix d’un véritable travail d’orfèvre (photo 2). Très en vogue à partir du XVIe siècle, les armes dites « à système » combinent une utilisation basique – ici une clé et sa serrure – à un mécanisme de tir.

D’une remarquable exécution (photo 3), cette serrure « à bascule » en fer blanc prenait vraisemblablement position sur un coffre ou une armoire. Mais son principal centre d’intérêt réside dans sa clé dont la tige a été évidée pour servir de canon. A la base de celle-ci, une mini-platine à silex a été montée sans doute plus par défi technologique que par véritable besoin tant la fiabilité du pistolet relève du domaine spéculatif (photo 4).

Horlogers et arquebusiers affectionnaient particulièrement ce type de montage hybride, ce qui explique le nombre important de pièces similaires présentées dans les collections publiques et privées. Une clé analogue à celle du musée de l’Armée est par exemple conservée au musée Le Secq des Tournelles à Rouen. A l’époque, des armes à feu étaient dissimulées dans les objets les plus divers soit pour un usage strictement défensif, les routes n’étant alors guère sécurisées, soit dans un but malveillant… Il n’était donc pas rare de trouver des pistolets encastrés dans des ouvrages et parfois même dans des Bibles.

Cartel

Datation : Vers 1750

Auteur : Inconnu

Matériaux : Fer

Techniques : Fer forgé et ciselé

Lieu de création : Allemagne

Hauteur :
0,15 m

Largeur :
0,17 m

Poids : 0,625 kg

N° inventaire : P 597

Historique : Déjà présente dans les collections du musée d’Artillerie avant que celui-ci ne devienne le musée de l’Armée en 1905