Verdun. Tableau de guerre interprété, projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés, nuées de gaz

La bataille de Verdun (février-décembre 1916) demeure la bataille la plus meurtrière de toute la Première Guerre mondiale (1914-1918), épisode au cours duquel l’artillerie allemande tenta de "saigner à blanc" l’infanterie française. La représentation du conflit voit ses codes nécessairement évoluer du fait de la brutalité des combats. Vallotton utilise les ressources du cubisme pour peindre des "forces", figuration de la guerre profondément plus vraie que la reproduction de ses effets matériels.

Vallotton tente une expérience picturale où le symbole de la résistance de l'armée française à l'invasion ennemie, apparaît sous une forme quasi abstraite. Il représente un champ de bataille en proie au déluge dont l'espace est structuré de façon géométrique. La composition s'organise autour de faisceaux lumineux colorés se croisant au-dessus de flammes et de nuées de gaz en formant des triangles, tandis que sur la gauche s'abattent les lignes obliques de la pluie. La vision d'ensemble est celle d'un paysage de guerre où s'affrontent des forces antagonistes, la violence des intempéries et celle des hommes qui se battent. Le tableau concentre visuellement le déchaînement des moyens mis en œuvre pour détruire l'adversaire, la violence extrême des combats provoquant la désagrégation du paysage et l'effacement de l'humain derrière la machine. Le peintre ne cherche pas à rendre compte des instants décisifs du combat mais à donner une image synthétique de la guerre, d'où toute présence humaine a disparu.

Cartel

Datation : 1917

Auteur : Félix Vallotton (1865-1925)

Matériaux :

Techniques : Huile sur toile

Lieu de création : Paris

Hauteur :
1,14 m

Largeur :
1,46 m

Poids :

N° inventaire : 21889 ; Eb 1518

Historique : 1976, achat à la Galerie di Meo, Paris

Objets complémentaires

Camp d'aviation 1914-1918