Verdun

Félix Vallotton écrit dans son carnet : "Verdun, tableau de guerre interprété, projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés, nuées de gaz". Peintre connu, d’origine suisse, naturalisé français, trop âgé pour participer directement à la Grande Guerre, il n’en a pas moins été profondément affecté par le conflit. Il en perçoit avec force certaines nouveautés redoutables, comme le rôle très important qu’y jouent les machines, les techniques, aux dépens des êtres humains.

Verdun est une grande et longue bataille, frontale, meurtrière (des centaines de milliers de morts), épuisante - ceux qui l'ont vécue ont parlé de "l'enfer" de Verdun - qui oppose, en 1916, les Français aux Allemands. A l'offensive allemande, qui dure du 21 février à la fin du mois d'août, succède, après une phase de répit, la contre-attaque française, d'octobre à décembre 1916.
Le tableau représente un paysage dévasté, qu'aucun élément ne permet de situer précisément. On y voit se déchaîner, dans une rage de destruction, forces naturelles et machines de guerre. L'ensemble donne une impression d'apocalypse, On n'aperçoit aucun combattant et cette étrange absence restitue la déshumanisation de la guerre industrielle : nous sommes très loin des charges héroïques de la peinture militaire traditionnelle.
Paradoxe intrigant de l'art : ce tableau a été jugé, très tôt, comme l'une de plus fortes images de Verdun, mais Vallotton, s'il a brièvement séjourné près du front, n'est jamais allé à Verdun.

Cartel

Datation : 1917

Auteur : Félix Vallotton (1865-1925)

Matériaux :

Techniques : Huile sur toile

Lieu de création : Paris

Hauteur :
1,14 m

Largeur :
1,46 m

Poids :

N° inventaire : 21889 ; Eb 1518

Historique : 1976, achat à la Galerie di Meo, Paris

Objets complémentaires

Georges Bertin Scott (1873-1942). Effet d’un obus dans la nuit, avril 1915. Avril 1915

Charge du 2e Hussards (lieutenant brandissant un emblème pris à l'ennemi), vers 1806-1809