Vivandière des Grenadiers de la Garde impériale

Au XIXe siècle, les femmes ne sont pas étrangères à la vie militaire. Quelques-unes se distinguent au combat, portant l'uniforme comme les autres soldats. L'exemple le plus célèbre est celui de Marie-Thérèse Figueur (1774-1861), qui prend part, au sein des 15e et 9e régiments de dragons, à toutes les campagnes du Consulat et de l'Empire servant notamment à Austerlitz, à Iéna, ou encore en Espagne. Elle termine sa brillante carrière à l'hôtel des Invalides. La plupart des femmes qui suivent les armées en campagne, cependant, assurent le blanchissage du linge ou tiennent de petits commerces qui permettent aux soldats d'améliorer leur quotidien. Leur statut, d'abord indéfini, est réglementé à partir du Consulat. Blanchisseuses et vivandières sont enregistrées et reçoivent une plaque qui établit la légitimité de leur activité. Le plus souvent épouses de sous-officiers, elles assurent même en campagne les soins et l'éducation de leurs enfants.

Les vivandières vendent de la nourriture et, surtout, des objets que l'administration ne fournit pas, tels que lacets, boutons, papier à lettre, terre de pipe (pour l'astiquage des boutons et le blanchiment des effets), eau de vie et vinaigre blanc. Ce dernier servait non seulement à couper l'eau de boisson, mais aussi au nettoyage.

Au début du XIXe siècle, elles ne portent pas de tenue particulière, mais peuvent revêtir, par nécessité, des effets militaires sur leurs vêtements civils, un manteau ou une pelisse, par exemple. À partir de la Monarchie de Juillet (1830-1848), leur tenue se rapproche de l'uniforme du régiment où elles servent et c'est au début du Second Empire que leur nombre est réglementé au sein des régiments. Elles prennent dès lors officiellement part aux parades. Leur tenue s'apparente à l'uniforme du régiment par la coiffure, la coupe et les couleurs, non sans une note de coquetterie féminine par l'intégration notamment de jabots et manchettes de dentelle.

Les uniformes féminins qui nous sont parvenus sont plutôt rares. Le musée de l'Armée expose, à Paris et à Salon-de-Provence, plusieurs ensembles de ce type. Celui-ci est d'autant plus remarquable qu'il a appartenu à une seule et même personne. Sa propriétaire, Madame Adèle-Eugénie Larquet-Chaix, cantinière au 1er régiment de Grenadiers de la Garde Impériale, s'est mariée en 1865 à François Chaix, grenadier dans ce même régiment de 1854 à 1870. Madame Larquet-Chaix servira elle-même dans ce régiment de 1865 à 1870. Cet ensemble a été offert au musée en 1981 par une salonaise.

Cartel

Datation : Vers 1860

Auteur :

Matériaux : Uniforme en drap de laine

Techniques :

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N° inventaire : 24224.1 à 24224.8

Historique :