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Guerres secrètes : l'exposition en ligne

Espionnage, contre-espionnage, opérations de propagande ou réseaux de résistance : focus sur ces "conflits de l'ombre". Une exposition qui s'était déroulée au musée de l'Armée du 12 octobre 2016 au 29 janvier 2017.

Date de l'évenement :

lundi 27 avril 2020

L'exposition a abordé pour la première fois le sujet des guerres secrètes à travers leurs enjeux, leurs mécanismes, leurs moyens ainsi que les hommes et les femmes qui en sont les acteurs

Confrontant la réalité et la fiction, elle vous a invité à découvrir les grandes heures de l’espionnage et du contre-espionnage, les actions clandestines et subversives, les opérations d’intoxication et de propagande, en temps de guerre comme en temps de paix.

 

1 : Au cœur du secret

Préparer la guerre, dans le secret, est une mission des appareils militaires des États modernes. D’où la constitution, à la fin du XIXe siècle, de services secrets permanents.

La Première Guerre mondiale marque une étape importante dans leur développement : progrès dans le domaine du (dé)cryptage et des transmissions, comme dans celui de l’organisation, avec l’apparition de réseaux d’espionnage. Un pilotage gouvernemental de la censure, de la propagande et de la désinformation se met en place.

La Seconde Guerre mondiale amplifie et accentue les évolutions antérieures. Dans l’Europe submergée par l’Allemagne nazie ou l’Asie dominée par le Japon, nombre de gouvernements en exil ne peuvent agir que dans l’ombre. Ainsi naissent la guerre secrète et ses modes d’action combinés : renseignement, opérations clandestines, désinformation et déstabilisation.

 

> Vidéo : Zoom sur... Au cœur du secret

François Lagrange, commissaire de Guerres secrètes vous propose de découvrir l'histoire des services de renseignement présentés dans l’exposition


> Animation : l'évolution des services secrets

Découvrez l'histoire et l'évolution des services secrets !


> Vidéo : Interview d'Edouard Balladur sur les services secrets

Qu'est ce que les services secrets ? Quelles sont leur fonctionnement et leurs caractéristiques ? L'ancien premier ministre Edouard Balladur nous éclaire sur le sujet.

 

 

2 : Qu’est-ce qu’un agent ?

Les fictions contemporaines, tant romanesques que cinématographiques, laissent souvent à leurs lecteurs et spectateurs l’image fascinante d’un agent secret qui tient du surhomme et auquel rien n’est impossible, au point que parfois le sort de son pays – voire de la planète – dépend de lui seul.

Par-delà le fantasme et le mythe, la réalité des acteurs et actrices des guerres secrètes est à la fois bien plus complexe et multiple.


> Interview de Jean-François Halin

Le scénariste Jean-François Halin (OSS 117) revient sur les caractéristiques cinématographiques et fantasmées du rôle de l'agent secret.

 

> Interview de Daniel Cordier

Témoignage de Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, compagnon de la Libération.

 

> Zoom sur OSS 117

Emmanuel Ranvoisy, commissaire de Guerres secrètes, vous invite à découvrir deux costumes d'Hubert Bonisseur de La Bath, incarné par Jean Dujardin dans le film OSS 117 : Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius.


 

3 : Recrutement et formation

Travailler pour un service de renseignement ou d’action ne résulte pas toujours d’une vocation et les parcours des « agents » sont multiples.

Avant la Seconde Guerre mondiale, les attachés militaires sont des officiers de carrière formés par l’Armée. À partir de 1940, les services secrets émergents – BCRA, SOE, OSS – se trouvent dans la nécessité de recruter et de former rapidement, mais rigoureusement, des volontaires, le plus souvent totalement étrangers à cet univers.

La formation d’un agent peut prendre des mois avant son envoi sur le terrain. Des écoles de formation spéciales sont ainsi créées en Angleterre, les Special Training Schools, où entraînement physique, saut en parachute, filature, sabotage, codage et transmissions radio sont au programme.

 

 

4 : Les moyens de l'agent

La plupart des services qui conduisent des activités de renseignement sont dotés d’ateliers spécialisés capables de produire des matériels répondant aux besoins spécifiques des missions.

Les films de James Bond ont popularisé « Q », inventeur des gadgets les plus extravagants. Ce personnage légendaire n’est pas issu de la fantaisie d’Ian Fleming, il a pour modèle Charles Bovill, chef du service technique du Special Operations Executive (SOE) britannique, à qui les agents parachutés en Europe occupée en appui aux divers mouvements de résistance devaient les moyens mis à leur disposition pour leurs missions.

Des armes mythiques, comme le pistolet silencieux Welrod et divers types de dagues ont été développés pour mener des éliminations discrètes, tandis qu’un arsenal de moyens de sabotage était spécialement conçu dans les ateliers du SOE et de l’OSS.

 


> Vidéo : décryptage des objets utilisés par les agents secrets

La paire de semelles cachant une arme, la matraque dissimulant un couteau... Découvrez avec « T » une sélection d’objets utilisés par les agents secrets !

 

5 :  Construction de la légende

Un agent clandestin peut, au sein de son propre service, utiliser un faux nom, un « pseudonyme ». Sur le terrain, il peut avoir un ou plusieurs noms de code, pour ses différents interlocuteurs extérieurs.

Dans la France libre et la Résistance, c’est par exemple le cas de Daniel Cordier, agent du BCRA, qui s’est fait appeler entre autres BIP W, Alain, Michel. D’autres sont passés à la postérité sous un seul pseudonyme : Passy (André Dewavrin, chef du BCRA), H 21 (Margaretha Geertruida Zelle, connue sous son nom de scène de Mata Hari), Farewell (le dissident soviétique Vladimir Vetrov).

 

 

6 : Destins d'agents

Le renseignement comme les opérations clandestines comportent, pour ceux qui y sont engagés, des risques importants, variables selon que les agents opèrent en temps de guerre ouverte ou de paix officielle, selon qu’ils bénéficient ou pas d’un statut diplomatique.

La Convention de La Haye (18 octobre 1907) sur le droit de la guerre prévoit des sanctions pour les actes d’espionnage, sous réserve que les agents aient été préalablement jugés. Après la Seconde Guerre mondiale, la 3e convention de Genève (12 août 1949) traite des peines et reconnaît sous conditions la légalité de la peine de mort.

En temps de paix, le droit international n’interdit pas explicitement les activités de renseignement, ce qui n’empêche pas un agent, s’il est identifié, d’être accusé d’infraction au droit du pays dans lequel il a été envoyé en mission. S’il opère sous statut diplomatique, la sanction prononcée contre lui ne peut aller au-delà de l’expulsion du territoire. S’il agit de façon clandestine, les peines encourues sont plus lourdes et vont de l’emprisonnement à la peine capitale.

 

 

7 : Collecte de l'information

Fournir des renseignements indispensables correspond à la plus ancienne des missions des
services de renseignement. Par la collecte de faits précis et vérifiés, les services s’efforcent
d’aider les décideurs, c’est-à-dire les autorités politiques, à connaître les moyens et les intentions adverses qui restent les deux dimensions de toute menace.

Après avoir recherché l’information dite « brute », non évaluée et non exploitée, il faut la traiter, l’analyser et en tirer parti. La recherche peut être « ouverte » lorsqu’elle s’appuie sur une source d’information à l’utilisation libre et licite (presse, radio, livre, conférence…) ou clandestine lorsque l’information est protégée. Pour cela les services ne privilégient pas une méthode exclusive, mais combinent divers modes d’action en fonction de la nature de l’objectif visé.

Ils peuvent employer des moyens humains en bénéficiant de la complicité de sources évoluant à proximité, parfois au coeur du dispositif adverse ou d’agents ciblés, recrutés, formés et contrôlés. L’information recherchée est également obtenue par des opérations de filature, de surveillance voire d’intrusion dans un lieu protégé.

L’interception des communications, cryptées ou non, est aussi un mode de collecte de l’information.

 


> Vidéo : historique et fonctionnement de la machine Enigma

Découvrez les secrets de la machine Enigma, destinée à sécuriser la transmission des données...


> Vidéo : les réseaux de la résistance

5 vidéos pour comprendre le fonctionnement des réseaux de la résistance...


 

8 : Transmettre l'information

En période de guerre ouverte comme en temps de paix, la transmission de l’information stratégique constitue un enjeu majeur et un exercice risqué.

Les services secrets et les agents qui en relèvent usent de toute leur ingéniosité pour transmettre avec diligence et discrétion l’information détenue, sous une forme inintelligible aux personnes non autorisées à la connaître. Les moyens de liaison et les procédés utilisés à ces fins sont nombreux : humains (intermédiaires itinérants et « boîtes aux lettres » vivantes), statiques (« boîtes aux lettres » mortes), transmissions radio...

Conjointement, les services secrets mettent en oeuvre toutes leurs ressources pour intercepter et décoder l’information transmise par l’adversaire, les décrypteurs (ou déchiffreurs) des deux camps ne cessant jamais de lutter, chacun pour découvrir le code de l’autre.

 

 

9 : Opérations clandestines et subversives

Les opérations clandestines constituent l’une des composantes majeures des actions des services secrets depuis la Seconde Guerre mondiale. Elles sont mises en oeuvre, soit en temps de guerre, lors de l’affrontement entre deux armées sur les arrières du champ de bataille, soit en temps de paix, dans le cadre de relations conflictuelles entre États, contre des organisations internationales et des individus hostiles, quand l’action diplomatique est inefficace et l’intervention militaire classique impossible.

Dans le premier cas, elles contribuent au déséquilibre et à la dislocation des armées ennemies, par des méthodes non-conventionnelles mises en oeuvre sur leurs arrières, afin de renverser le rapport de force, là où va s’engager l’effort principal.

Dans le second cas, elles agissent dans l’illégalité pour contrer les positions d’un pays hostile, sans que les gouvernements à la manoeuvre soient identifiés.

 


> Vidéo : les opérations clandestines

Découvrez le fonctionnement des opérations clandestines à travers cette animation.

 

> Vidéo : Zoom sur... Lawrence d'Arabie

Le lieutenant-colonel Christophe Bertrand, commissaire de Guerres secrètes, vous fait découvrir un personnage historique : Lawrence d'Arabie.


> Zoom sur... le parapluie bulgare

Carine Lachèvre, commissaire de Guerres secrètes, vous fait découvrir un objet mystérieux : le parapluie bulgare.

 

 

10 : Contre-espionnage

Le contre-espionnage est la version défensive du renseignement. Jusqu'à la fin du 19ème siècle, la France ne dispose pas d'une entité spécifique de lutte contre l’espionnage ; tout au plus existe-t-il un service chargé de la surveillance des étrangers entrant sur le territoire. Le scandale de l'affaire Dreyfus provoque le passage des premiers éléments de service du contre-espionnage du ministère de la Guerre à celui de l’Intérieur.

La Première Guerre mondiale, puis la montée des totalitarismes dans l’entre-deux-guerres, entraînent une évolution et un renforcement du contre-espionnage qui finit par bénéficier d'un service structuré. Après la Seconde Guerre mondiale, devant la menace principalement issue des pays du Pacte de Varsovie, deux services de renseignement sont créés en France : la Direction de la surveillance du territoire (DST) en 1944 et le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) en 1945. Le contre-espionnage prend alors deux
formes. L’une est offensive et consiste en la manipulation de sources. L’autre est défensive, il s’agit alors de contrer, sur son propre territoire, les activités d’espionnage de pays étrangers.

 

 

11 : Guerre psychologique

Le concept de guerre psychologique apparaît au début du XXe siècle avec l’émergence de la guerre totale pendant le Premier conflit mondial : la distinction entre les combattants et les non combattants est de plus en plus difficile et la population civile devient un enjeu majeur des conflits.

La guerre psychologique, qui use des techniques de la manipulation, de la propagande et de la désinformation, pour agir sur les esprits, vise à exalter le moral des troupes et plus encore celui de la population civile, tout en brisant celui de l’adversaire.
 

12 : De l’ombre à la lumière

Les opérations de guerre secrète doivent, par nature, échapper à la connaissance du public.
Parfois, cependant, du fait du hasard et/ou d’erreurs commises dans la conception ou l’exécution de ces entreprises, leur échec est divulgué et prend une tournure spectaculaire, retentissante.

Les médias s’en emparent, la classe politique en débat, l’opinion publique s’en émeut, au moins jusqu’à un certain point. Parmi plusieurs cas fameux, d’origines et de portées fort différentes, des scandales ont été causés par les révélations, immédiates ou différées, sur les « Cinq de Cambridge » pour les Britanniques, sur l’affaire de « la baie des Cochons » pour les Américains, sur celle du « Rainbow Warrior » pour les Français… Même en Union soviétique, où l’information est contrôlée par un régime totalitaire, la paranoïa stalinienne de l’espionnage et de la trahison crée des scandales à répétition, amplement répercutés par les médias officiels.

Par contraste, les opérations réussies demeurent dans l’ombre. Il faut attendre la retraite ou la disparition des acteurs, la publication éventuelle de leurs souvenirs, les recherches croisées des historiens facilitées par l’ouverture normale (conforme aux délais légaux de déclassification) ou exceptionnelle (après l’effondrement des appareils d’État ou des régimes concernés) des archives, pour qu’une vision plus complète, plus nuancée et plus équilibrée se fasse jour.

Alors seulement des citoyens ordinaires peuvent avoir connaissance, par exemple,
des succès britannique d’ « Ultra », américain de « Venona », français de « Farewell » ou soviétique de l’ « appel de Stockholm »… Après l’ombre vient la lumière.

 

 

 

Autour de l'exposition "Guerres Secrètes"

Bande-annonce de l'exposition

 

Conférences à propos de Guerres Secrètes

 

Cycle cinéma sur Guerres Secrètes

Inutile de préciser que les agents secrets ont été la source d'inspiration de nombreuses œuvres de fiction ! Le cycle cinéma "Objectifs Secrets" en lien avec l'exposition a permis au public de se replonger dans les films qui ont mis en scène espions et opérations clandestines. Notez bien les titres pour peaufiner votre culture ciné !

 

 

 

Consulter le dossier sur Guerres Secrètes sur l'Echo du Dôme

 

Crédits de l'exposition Guerres Secrètes

Commissariat de l’exposition

Christophe Bertrand
Conservateur du département contemporain, musée de l’Armée

François Lagrange
Chef de la division de la recherche historique, de l’action pédagogique et des médiations, musée de l’Armée

Carine Lachèvre
Assistante de conservation et adjointe à l’historial Charles de Gaulle, musée de l’Armée

Emmanuel Ranvoisy
Conservateur-adjoint du département contemporain, musée de l’Armée


Conseil scientifique

Président
Pr Olivier Forcade
Professeur des universités à l’Université Paris IV-Sorbonne, rattaché à l’École doctorale 2 et à l’UMR Irice 8138
(Labex EHNE)

Christopher Andrew
Professeur d’histoire moderne et contemporain, Université de Cambridge

Jean-Pierre Bat
Chargé d’études, Archives nationales

Fabien Boully
Maître de conférences en cinéma et audiovisuel, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Agnès Chablat-Baylot
Conservateur en chef du patrimoine, chef du département des archives définitives au Service historique de la Défense

Nathalie Genet-Rouffiac
Conservateur général du patrimoine, ministère de la Défense

Frédéric Guelton
Colonel, historien, ancien chef du département de l’Armée de terre au Service historique de la Défense

Pascal Griset
Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne, Directeur de l’ISCC

David Guillet
Conservateur général du patrimoine, directeur-adjoint du musée de l’Armée

Gal Jean Heinrich
Ancien chef du service action à la DGSE (1987-1989) et premier directeur de la Direction du renseignement militaire (1992-1995)

Pascal Le Pautremat
Docteur en histoire contemporaine, spécialiste de polémologie

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Musées et institutions prêteurs
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Institutions et musées étrangers,
AlliiertenMuseum, Berlin -  All Souls College, dépôt à l’Ashmolean; Museum, Oxford -  British Library, Londres, Combined Military Services Museum,, Maldon (U. K.) -  Deutsches Historisches Museum, Berlin - EON productions, Londres - Museum in der « Runden Ecke » - Leipzig Propshop, Iver Heath (U. K.) -  Royal Collection Trust, Sa Majesté la Reine, Elizabeth II, Londres, The National Archives, Kew,  Institutions et musées français,  Amicale des Anciens de la Mission Militaire, Française de Liaison, Issy-les-Moulineaux, Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine, Archives de la Préfecture de police de Paris, Le Pré-Saint-Gervais, Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Ministère de l’Intérieur, Levallois-Perret,  Mandarin Télévision, Paris
Mémorial de Caen, Ministère de la Défense, DGSE, Paris,  MM Park – Collection Sussex, La Wantzenau,  Musée du déminage - Association des Démineurs de France,  Musée Gaumont, Neuilly-sur-Seine , Musée de l’ordre de la Libération, Paris, Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne - Musée des Transmissions, Cesson-Sévigné - Secrétariat général de la Défense
et de la Sécurité nationale (SGDSN), Paris - Service historique de la Défense (SHD), Vincennes


Prêteurs particuliers

Jacques Baud
Jean-François Halin, scénariste
Colonel (E.R.) Henri Jeannequin, ancien membre de la Mission de Potsdam de 1970 à 1973
Et les prêteurs particuliers qui n’ont pas souhaité être cités

Archives audiovisuelles

Établissement de communication et de production audiovisuelle (ECPAD),
Ivry-sur-Seine
Institut national de l’audiovisuel (INA), Paris


Partenaires institutionnels

CIC, Ina, DGSE, Combined Military Services Museum, ECPAD, MM Park


Partenaires médias

Le Parisien, Historia, Le Point, France Culture