Trois frères dans l’armée de Napoléon

Grâce au prêt exceptionnel de 16 pièces issues de la collection Colbert, aujourd’hui en mains privées, le musée de l’Armée présente, dans sa salle consacrée à la cavalerie légère, l’histoire hors du commun des trois généraux de Colbert de Chabanais et de leur famille. Portraits inédits, grands formats et objets personnels viennent enrichir le parcours permanent du Musée, faisant revivre les grandes heures de ce destin familial inspirant.

Horaires :

10h-18h (fermeture à 21h le mardi)
Du mercredi 15 décembre 2021
au dimanche 22 mai 2022

Lieu de l'évenement :

Parcours Louis XIV – Napoléon

Ambroise, Édouard, Alphonse et Auguste de Colbert de Chabanais sont quatre frères, comptant dans leur lignée quatre ministres célèbres et treize généraux tués au combat. Si l’aîné, Ambroise, choisit d’émigrer à la Révolution, Édouard (19 ans) et Alphonse (17 ans) s’engagent pour protéger leur noble famille, en tant que volontaires dans un bataillon d’infanterie. Réquisitionné, Auguste (16 ans) les rejoint bientôt. Napoléon les fait tous trois généraux. En se dédiant ainsi au service de la Nation, ils obéissent à la vocation des armes qui est celle, par excellence, depuis le Moyen Âge, de l’aristocratie. Si leur éducation et leurs alliances les destinent à de belles carrières, il leur faut aussi faire preuve de ténacité. En ce sens, leurs destinées sont représentatives de ces élites sur lesquelles Napoléon bâtit les fondations et la gloire de son Empire.

 

Le Général Auguste François Marie de Colbert de Chabanais (1777-1809) par François Gérard 

En pleine guerre d’Espagne, à l’issue de la victoire française de Tudela, le 23 novembre 1808, au cours de laquelle Auguste de Colbert de Chabanais (1777-1809) et sa cavalerie légère se distinguent, l’Empereur leur donne l’ordre de poursuivre l’ennemi en fuite. Arrivé à Calcabellos, le général britannique Sir John Moore est contraint de leur faire face. Comprenant que la place est défendue, Auguste demande des renforts. Dans l’affrontement, son aide de camp, Alfred de la Tour-Maubourg, est atteint. Le général se précipite auprès de lui, mais il est trop tard. Quelques instants après, alors qu’il entraîne ses tirailleurs sous le feu ennemi, Auguste de Colbert reçoit une balle en plein front et meurt à son tour, le 3 janvier 1809.

Ce portrait posthume, exposé au Salon de 1810, aurait été commandé au peintre François Gérard (1770-1837) par l’Empereur lui-même, pour être offert à la veuve du général. Dans cette effigie, à la fois hommage consolatoire et portrait d’histoire, Gérard multiplie les signes métaphoriques d’un destin funeste : ciel chargé de nuées orageuses, foudre qui éclate, colonne rompue…