Restaurations

Pièce emblématique des collections du Musée, le char Renault FT, acquis en 1974, a bénéficié d’une campagne de restauration avec le soutien du constructeur de véhicules blindés ARQUUS.

Char Renault FT après restauration © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Anne-Sylvaine Marre-Noël

Un nettoyage cryogénique complété par un retrait mécanique et une stabilisation des corrosions ont redonné un nouvel éclat à ce véhicule chenillé, dont bon nombre d’exemplaires ont été engagés sur les champs de bataille à la fin mai 1918. Symbole d’une guerre où les succès dépendirent en grande partie des progrès techniques et de la capacité des pays à mobiliser leurs industries et leurs technologies respectives, ce char est de nouveau exposé dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides depuis le 22 juin 2018.

La cryogénisation, un procédé de restauration innovant

Procédé de cryogénisation effectué sur le char Renault FT © Paris, musée de l’Armée

Entreprise au mois de mai 2018, la restauration du char a consisté en un nettoyage, un traitement des corrosions et une harmonisation des revêtements peints. Elle a été réalisée par Diana da Silva et a duré cinq semaines au sein d’un atelier extérieur, nécessitant un convoiement spécial du char.

Le nettoyage des surfaces encrassées internes et externes a été réalisé grâce au procédé de cryogénisation, réalisée en partenariat avec DLM CRYO. Cette technique issue de l’industrie est très récente dans le milieu de la restauration patrimoniale. Elle permet, en projetant de la glace carbonique à -78°C sur la surface de l’engin, de décrasser et de retirer les dépôts gras, même dans les cavités difficilement accessibles, sans altérer la couche de peinture.

Le retrait mécanique des corrosions a été ensuite réalisé par brossage et la stabilisation du métal assurée par l’application d’un inhibiteur de corrosion. Enfin, des retouches de peinture ont été réalisées localement pour harmoniser les teintes de la surface.

Retour sur l’origine de sa création

Jean Segaud, Soldats du 68e bataillon de chasseurs alpins autour d'un char Renault FT, 1918 © Paris, musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand-Palais

En 1915, afin de mettre un terme à la guerre de positions, naît l’idée de réaliser un engin capable d’emporter un canon de 75 mm, de franchir les réseaux de fils de fer barbelés, de résister au feu des mitrailleuses et d’assurer ainsi l’assaut en surprenant l’ennemi. Les recherches s’orientent alors vers des engins chenillés.

L’efficacité des premiers chars anglais et français, utilisés en 1916-1917, se révèle rapidement limitée : ils sont lourds, lents et relativement fragiles. Après la construction du char Schneider puis du Saint-Chamond, qui à l’épreuve du feu seront très loin d’obtenir les résultats escomptés, le général Estienne, inventeur du concept, élabore en 1916 avec Louis Renault un modèle plus léger et plus rapide, capable d’exploiter avec l’infanterie les percées effectuées dans le dispositif ennemi. De cette collaboration naît le char Renault FT, couramment appelé « FT17 ».