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Mousquetaires ! Exposition en ligne

Cette exposition tente de renouveler notre regard sur ces héros qui ont tant inspiré Alexandre Dumas et bien des œuvres cinématographiques, mais dont le rôle réel nous est mal connu, tant la fiction a fini par occulter la réalité historique.

Date de l'évenement :

Vendredi 3 avril 2020

A propos de l'exposition

Alexandre Dumas a incontestablement contribué à maintes vocations d'historien et popularisé, sur l'ensemble de la planète, des figures comme Mazarin et Buckingham, des épisodes comme la prise de La Rochelle ou la guerre civile britannique. Richelieu, d'Artagnan ou le masque de fer n'auraient assurément pas accédé au statut de mythes mondiaux sans l'œuvre du romancier.

Se pencher sur l'histoire des mousquetaires et de leur temps c'est donc, aussi et surtout, s'interroger sur les relations entre la littérature et l'histoire.

Face à cet imaginaire, vous pourrez découvrir de nouvelles images, historiques, plus fidèles à la vérité des mœurs, des faits et des personnalités du temps. Et aller ainsi à la rencontre du véritable d'Artagnan, de Louis XIII et de Richelieu, de la véritable Milady et du masque de fer... Sans oublier des thèmes comme l'escrime, le siège de La Rochelle ou la Fronde.

 

L’enfant du miracle, la naissance d’un chef-d’œuvre

Le jeudi 14 mars 1844, les lecteurs du Siècle découvrent en première page de leur journal un nouveau feuilleton, signé Alexandre Dumas. L’auteur des Trois mousquetaires, qui se voulait surtout dramaturge, ne s’est lancé qu’avec réticence dans le roman-feuilleton, genre dont le mode de publication impose un strict découpage et un rebondissement quotidien.

En préparant son ouvrage de vulgarisation historique Louis XIV et son siècle, Dumas s’est familiarisé avec les chroniques du temps, comme celles de La Rochefoucauld ou de Loménie de Brienne, qui lui apportent l’intrigue des ferrets, mais également avec les très apocryphes Mémoires de Mr d’Artagnan de Gatien Courtilz de Sandras, qui lui fournissent le personnage de D’Artagnan, ceux de ses trois compagnons mousquetaires ou la figure de Milady.

 

Les "vrais" mousquetaires

En 1622, Louis XIII, alors en guerre contre les protestants, détache les cinquante carabins de la compagnie des chevau-légers de sa garde, pour former une unité indépendante. Ces soldats sont armés du mousquet, que l’on ne peut utiliser qu’à pied, mais restent des cavaliers qui se déplacent à cheval.

Appelés mousquetaires du roi, ils reçoivent la célèbre casaque bleue ornée de croix fleurdelisées, signe de leur appartenance à la Maison du souverain et se voient confier des missions très variées : escortes du cortège royal, opérations de police et de maintien de l’ordre, mais ils sont surtout au premier rang des troupes royales quand il s’agit d’emporter une place assiégée.

 

Louis XIII et Richelieu

Alexandre Dumas a été cruel avec Louis XIII, représenté comme une marionnette un peu ridicule entre les mains du cardinal de Richelieu. Le romancier occulte les difficultés que le jeune souverain, âgé de 23 ans en 1625 au moment où débutent Les Trois mousquetaires, a dû surmonter pour imposer son autorité à une haute aristocratie rétive et à sa propre mère, Marie de Médicis.

La passion de Louis XIII, dès son enfance, pour la chose militaire, l’extraordinaire collection d’armes à feu et de chefs-d’œuvre d’arquebuserie réunis dans son cabinet d’Armes, dont le musée de l’Armée est l’héritier, illustrent son caractère de véritable « roi de guerre », ayant passé plus de temps sur les bivouacs et les camps que dans ses palais.

 

Intrigues à la cour de France

Une reine de France qui offre imprudemment ses bijoux à son fastueux soupirant anglais, un ministre tout puissant qui voit ainsi un excellent moyen de la perdre de réputation aux yeux du roi son époux, une espionne habile qui réussit à voler deux des bijoux pour les ramener en France et confondre la reine et un aventurier qui part en Angleterre, se fait remettre les joyaux et les ramène brides abattues en France pour éviter le déshonneur de sa souveraine...

Chacun connaît l’intrigue principale des Trois Mousquetaires, fruit, pensera-t-on, de l’imagination débridée d’Alexandre Dumas... Sauf que tout est vrai et que le romancier est resté extrêmement fidèle à la relation de cet épisode insérée dans ses Mémoires par le duc François de la Rochefoucauld.

Ce que l’on sait moins, est que cette anecdote galante cache une affaire d’espionnage international à laquelle le grand peintre Rubens était étroitement mêlé et dont ses œuvres, réunies ici, sont aujourd’hui les seuls témoins...

 

Vidéo : Autour d'une œuvre : Anne d'Autriche et le duc de Buckingham par Rubens

 

De l'île-de-Ré à la Rochelle

Étranges soldats qui semblent échapper à la discipline militaire, les mousquetaires de Dumas ne sont montrés au combat que lors du siège de La Rochelle qui, malgré son importance politique, ne représente qu’un des nombreux épisodes militaires du règne très agité de Louis XIII.

Dès 1621, les protestants du Poitou, de Bretagne et d’Anjou s’étaient révoltés contre le pouvoir royal. Leur sédition reçoit le soutien du duc de Buckingham, qui débarque avec ses troupes sur l’île de Ré le 12 juillet 1627, mais échoue à prendre le fort de Saint-Martin-de-Ré, défendu par le comte de Toiras.

L’armée royale, commandée par Richelieu et Louis XIII en personne, investit La Rochelle, qui s’était ralliée aux Anglais, à partir d’août 1627 et un grand siège de quatorze mois commence. Malgré de multiples tentatives, la flotte anglaise ne parvient ni à ravitailler ni à desserrer le blocus de la ville, dans laquelle Louis XIII entre le 1er novembre 1628.

 

Le corps des Mousquetaires, académie du gentilhomme

En l’absence d’une véritable école d’officiers, les compagnies de mousquetaires accueillaient les jeunes nobles pour leur offrir une formation guerrière et une initiation à la discipline militaire ainsi qu’à toutes les violences du combat.

Apprenant à obéir et à commander, formés à l’équitation, à l’escrime, mais aussi à la danse, parfois aux lettres et aux mathématiques, les jeunes mousquetaires pouvaient, après quelques années, prétendre à un commandement dans l’armée royale ; à la condition toutefois qu’ils survivent aux missions particulièrement dangereuses confiées à leur unité en temps de guerre.

 

Cheval et équitation

Escrime, violence et duels

 

Vidéo : Autour d'une œuvre : "Les épées des Mousquetaires"

 

Le « vrai » d’Artagnan

Le d’Artagnan historique, celui campé par Courtilz de Sandras et celui de Dumas qui s’en est inspiré ont quelques points communs : tous trois cadets de Gascogne, montant à Paris pour "prendre du service", devenant des mousquetaires courageux et fidèles.

Charles Ogier de Batz naît vers 1612 à Castelmore près de Lupiac en Gascogne. Il entre vers 1633 dans la compagnie des mousquetaires, prend le nom de sa mère, d'Artagnan, et le titre de comte. En 1646, les mousquetaires sont licenciés et d’Artagnan entre au service de Mazarin parmi ses "gentilshommes ordinaires".

Sa fidélité au ministre et au roi pendant les troubles de la Fronde lui valent quelques missions délicates, qui révèlent son tact et son humanité, ainsi que des rétributions, comme la charge de capitaine des petits chiens du Roi courant le chevreuil… Lorsque les mousquetaires sont reconstitués, il devient lieutenant puis capitaine-lieutenant de la première compagnie en 1667. Maréchal de camp en 1672, il meurt au siège de Maastricht l’année suivante


Vidéo : Autour d'une œuvre : le portrait de Jean de Gassion

 

Le siège de Maastricht

La guerre de Hollande (1672-1678), entreprise par Louis XIV à la suite d’un différend commercial, permet au roi d’entretenir sa gloire aux dépens d’une république protestante.

Mais elle ligue l’Europe contre lui et marque le début d’une série d’alliances contre la France. Dans ce contexte, le siège de Maastricht (1673) revêt une importance particulière puisqu’il révèle à ses ennemis la puissance d’une armée qui soumet en treize jours une des plus puissantes places fortes d’Europe.

Peut-être réticent à l’idée de tuer son héros, Dumas ne rend pas compte dans son œuvre de l’importance de cet épisode. Néanmoins, il traduit bien, dans Le Vicomte de Bragelonne, le déclin de la noblesse combattante au profit de la noblesse de cour, d’Artagnan mourant lors du siège, cependant qu’Aramis, devenu maître en intrigues, survit à ses anciens compagnons.

 

En savoir plus sur l'exposition


Reportage : Mousquetaires en garde

En écho à l'exposition Mousquetaires !, une reconstitution d'une salle d'Armes du 17ème siècle (période Louis XIII) avec les membres de la Compagnie Cyclone.

 

Echo du Dôme  : Dossier sur l'exposition "Mousquetaires !"