
Récits fantastiques
L’Orchestre de la musique de l’Air et de l’Espace, dirigé par Didier Descamps, explore Holst, Saint-Saëns et Elgar, avec Éric-Maria Couturier au violoncelle. Un programme de voyages imaginaires et de poésie musicale.
© Amandine Lauriol
Attiré par l’astrologie, Holst compose en 1914 ses Planètes, s’ouvrant avec Mars, marche guerrière dissonante ayant inspiré John Williams pour Star Wars. En création mondiale, la symphonie de Chpelitch s’inspire des récits d’explorations de Jules Verne, tandis que la marche de Saint-Saëns traduit son attirance pour un Orient imaginaire. Le concerto pour violoncelle op. 85 d’Elgar, à la sensibilité lyrique exacerbée par l’expérience traumatique de la Ière guerre mondiale, est le chant du cygne du compositeur. Il l’écrit quelques années avant de s’embarquer, désemparé par la mort de sa femme, pour un voyage sur l’Amazone. Il n’en laissera quasiment aucune trace écrite, ouvrant une page blanche à l’écrivain James Hamilton-Patterson qui en écrira le récit 66 ans plus tard dans sa fiction Gerontius.
Programme
Chpelitch, Récits fantastiques (d’après Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers et Voyage au centre de la Terre), suite en deux mouvements, pour cuivres, percussions et orgue (Création mondiale)
Holst, Les Planètes, Suite pour orchestre, opus 32, Extr. Mars, celui qui apporte la guerre
Saint-Saëns, marche Orient et Occident, opus 25
Elgar, Concerto pour violoncelle en mi mineur, opus 85
Autour de la création des Récits fantastiques (d’après Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers et Voyage au centre de la Terre)
C'est suite au succès de ma rhapsodie pour clarinette et orchestre d'harmonie, Un voyage extraordinaire d'après Jules Verne, le 14 mars 2019, lors du festival vents d'hiver en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, qu'un ami présent au concert m'a
encouragé à poursuivre avec Jules Verne. Depuis des années je cherchais l'occasion d'écrire une grande pièce pour cuivres, percussions et orgue et c'est ainsi que j'ai décidé d'illustrer deux romans de cet illustre écrivain d'aventure. Après relecture, Vingt milles lieues sous les mers et Voyage au centre de la Terre m'ont paru adaptés pour imaginer une musique spectaculaire et évocatrice, où les cuivres et la percussion mettraient leurs caractéristiques et virtuosités en valeur. Quant à l'orgue je
l'imaginais dans le rôle de la pieuvre géante ou l'éruption du volcan dans deux grands solos, comme accompagnant également pour créer les diverses atmosphères relatives aux romans. J'ai tout de suite pensé à mon ami Philippe Brandeis en écrivant cette partie, que je remercie de m'avoir aider à choisir la registration à l'orgue des Invalides. Ces Récits fantastiques d'après Vingt milles lieues sous les mers et Voyage au centre de la Terre de Jules Verne sont composés pour dix huit cuivres, percussions (avec deux jeux de timbales, solo de marimba, enclume pour imiter le bruit du moteur du Nautilus) et grand orgue. C'est une symphonie pour cuivres disposés en deux chœurs pour provoquer un effet polyphonique, de trente minutes, en deux mouvements. J'ai décidé également d'annoter sur les partitions des citations extraites des romans pour suivre ainsi les histoires au fil de la musique.
Les deux grands solos d’orgue illustrent :
Dans l’Ode à la mer :
... kraken... l'épouvantable bête ! ... devant mes yeux s'agitait un monstre horrible... c'était un calamar de dimensions colossales...
Dans l’Ode à la Terre :
... l'explosion avait déterminé une sorte de tremblement de terre... le gouffre s'était ouvert... et la mer, changée en torrent, nous y entraînait avec elle... nous montons... nous sommes pris dans une éruption ! nous allons être expulsés... sous le radeau il y avait des eaux bouillonnantes, et sous les eaux toute une pâte de lave... nous étions lancés comme emportés par un véritable projectible...
Phrases issues de Vingt mille lieues sous les mers
... le Commandant Farragut faisait larguer les dernières amarres qui retenaient l'Abraham-Lincoln au pier de Brooklyn...
... la frégate courut à toute vapeur sur les eaux sombres de l'Atlantique...
... Ohé ! la chose en question, sous le vent, par le travers de nous ! ...
... il se rapprochait avec une vitesse double...
... le Nautilus...
... à bord du Nautilus, le coeur des hommes n'a plus rien à redouter...
... le capitaine Némo continua son audacieuse excursion...
... kraken... l'épouvantable bête ! ... devant mes yeux s'agitait un monstre horrible... c'était un calamar de dimensions colossales...
... quel spectacle ! émerveillés nous regardions comme à la vitre d'un immense aquarium...
... le Maelström ! ... un tourbillon dont aucun navire n'a jamais pu sortir...
... le cannot échappa aux formidables remous ... nous sortîmes de gouffre...
... mais qu'est devenu le Nautilus ? le capitaine Némo vit-il encore ? je l'espère...
... si le capitaine Némo habite toujours cet océan, que le savant continue la paisible exploration des mers ! ...
... j'ai franchi vingt mille lieues sous les mers... qui m'a révélé tant de merveilles...
Phrases issues de Voyage au centre de la Terre
fumerolles monter dans les airs...
.... à midi, l'ombre du Scartaris à un jour donné, marquait le chemin du centre du globe... c'est là !
... le véritable voyage commençait,la descente commença...
... au fond du cratère s'ouvraient trois cheminées...
... la grotte formait une vaste salle...
... une vaste nappe d'eau, le commencement d'un lac ou d'un océan, s'étendait au-delà des limites de la vue...
... à six heures, le professeur donna le signal d'embarquer, nous filions vent arrière avec une extrême rapidité...
... le combat s'engage... j'ai devant les yeux deux reptiles des océans primitifs qui s'attaquent avec une indescriptible furie...
... à dix heures du matin, les symptômes de l'orage sont plus décisifs...
... les cumulus entassés ont cette apparence impitoyable que j'ai souvent remarqué au début des orages...
... le radeau se soulève... aux éclats du tonnerre se mêlent les jets étincelants de la foudre...
... ainsi donc, pendant la tempête, une saute de vent avait ramené le radeau vers les rivages que mon oncle croyait avoir laisser derrière lui...
... nous eûmes beau chercher... il n'existait aucun passage... il fallait renoncer à tout espoir de passer...
...le lendemain, le temps était magnifique,toute trace de tempête avait disparu...
... et bien ! la poudre ! la mine ! faisons sauter l'obstacle ! ...
... l'explosion avait déterminé une sorte de tremblement de terre... le gouffre s'était ouvert... et la mer, changée en torrent, nous y entraînait avec elle...
... nous montons... nous sommes pris dans une éruption ! nous allons être expulsés... sous le radeau il y avait des eaux bouillonnantes, et sous les eaux toute une pâte de
lave...
... nous étions lancés comme emportés par un véritable projectible...
... je me vis couché sur le versant d'une montagne, à deux pas d'un gouffre... le Stromboli... entrés par un volcan, nous étions sortis par un autre...
... ce voyage au centre de la terre fit une énorme sensation dans le monde... Ah quel merveilleux voyage ! ...
Distribution
Orchestre de la musique de I’Air et de l’Espace
Didier Descamps, direction
Solistes : Éric-Maria Couturier, violoncelle et Philippe Brandeis, aux grandes orgues de la cathédrale Saint-Louis
Cycle Tout un monde lointain...
Important
Accès unique pour les concerts de 20h par le 129 rue de Grenelle (Face au pont Alexandre III).
Il est nécessaire d'acheter ses billets à la billetterie sur place de 10h à 17h30 ou en ligne