
Sur un rythme espagnol
Sous la direction de Marco Horvat, l’ensemble Faenza fait revivre Sor, De Fossa, Moretti et Carcassi, mêlant guitares, voix et danses pour évoquer la campagne de Napoléon en Espagne.
Sous la direction de Marco Horvat, l’ensemble Faenza nous présente une sélection de musiques rares de compositeurs militaires, tels Sor, De Fossa, Moretti et Carcassi. L’interprétation de ces œuvres, aux rythmes enivrants de boléro, séguédille, tarentelle et fandango, s’accompagne de chorégraphies poétiques et de lectures de textes de Sor et Gautier, évoquant la campagne de Napoléon Ier en Espagne, menée en 1808-1809 pour réprimer un soulèvement antifrançais, survenu après la nomination de Joseph Bonaparte à la tête du royaume d’Espagne.
¡ Bien parado !
Rêverie musicale et chorégraphique dans la tourmente des guerres napoléoniennes
Paris, 1808, le salon de Mme Dolores Serral, grande danseuse espagnole, où se retrouvent tout ce que la diaspora espagnole compte de beaux esprits : le guitariste, danseur et théoricien Fernando Sor, le chanteur et compositeur Manuel Garcia, et des artistes de toute l’Europe, comme le guitariste italien Matteo Carcassi ou l’écrivain et critique de danse Théophile Gautier.
Dans cette ambiance à la fois savante et légère, un voyageur démuni se présente sur le seuil. Il s’agit du grand danseur Bolero, inventeur d’un type de séguidille qui porte maintenant son nom. Fuyant l’Espagne ravagée par la campagne de Napoléon, il espère retrouver ici son collègue et ami Fernando Sor, militaire musicien qui a fui bien avant lui l’Espagne en proie aux guerres civiles.
Alors qu’arrivent des nouvelles de la péninsule, celle de l’exil du Roi Ferdinand d’Espagne à Valençay, deux intrigues amoureuses se nouent dans ce salon où la grande affaire est malgré tout l’art chorégraphique, autre terrain – moins meurtrier – de la guerre que se livrent la France et l’Espagne…
Si l’on en croit le fameux article sur le Boléro écrit par le non moins fameux Fernando Sor – qui était aussi bon danseur qu’il était guitariste – c’est en s’exclamant « ¡ Bien parado ! » que le public saluait la fin d’une seguidilla, chantée et dansée au son des guitares et des castagnettes, alors que danseurs et musiciens suspendaient subitement leur jeu de façon parfaitement synchronisée. Ne manquez pas de le faire vous aussi !
Distribution
Ensemble Faenza (direction, Marco Horvat)
Clélia Horvat Hélène, fille de Dolores, née en France
Marco Horvat Théophile Gautier, écrivain et critique de danse, ami de Dolores
Francisco Mañalich Fernando Sor, chanteur et instrumentiste, théoricien de la danse, ami de la maison
Massimo Moscardo Matteo Carcassi, guitariste italien, ami de la maison
Olga Pitarch Dolores, maîtresse de maison, danseuse espagnole exilée à Paris
Jaime Puente Francisco Bolero, maître de danse espagnol, nouvellement arrivé en France
Scénario et mise en scène : Marco Horvat
Chorégraphie : Jaime Puente
Création lumière : Benjamin Martineau
Scénographie : Sévil Grégory
Créations sonores : Gabriel Horvat
Arrangements musicaux : Massimo Moscardo et Marco Horvat
Collaboration artistique et administration de production : Alexandre Verbrugghe
Biographies des artistes
L'ensemble Faenza
Faenza explore les musiques de l’Ancien Régime en s’attachant à en retrouver l’esprit plus que la lettre : réinventer plutôt que reconstituer. L’ensemble interroge le rapport entre textes parlés et textes chantés, mais aussi et surtout celui qui est susceptible de se nouer entre public et interprètes. De toute évidence, le formalisme du concert traditionnel, hérité du XIXe siècle, ne convient en rien à des répertoires conçus dans et pour des cercles de convivialité dont nous avons perdu sinon la trace, du moins la pratique. Il s’agit donc de réinventer des conditions de jeu qui tiennent compte non seulement du contexte originel de création, mais surtout du public devant qui nous sommes amenés à interpréter ces pièces. De cette réflexion sont nées des formes de concert interactives au sein desquelles les interprètes créent des liens avec le public par le truchement du jeu, du récit, de la poésie ou des plaisirs de la table, en s’appuyant sur des dispositifs qui atténuent la séparation physique entre interprètes et auditeurs.
La palette de nos productions est ainsi devenue très large : du concert traditionnel au spectacle musical, Faenza explore toutes les formes de représentation possibles, croisant souvent la musique avec le théâtre, la danse, la marionnette ou encore les arts visuels.
Mettre « la musique ancienne au présent », c’est aussi s’interroger sur la transmission, sur la façon de donner à tout un chacun les clefs des musiques qui nous tiennent à cœur. Nous le faisons sur la scène, mais aussi par le truchement d’un intense et patient travail d’Éducation Artistique et Culturelle, que nous menons depuis toujours sur les territoires où nous posons, pour des temps plus ou moins longs, nos valises artistiques.
Marco Horvat a abordé les musiques anciennes d’une façon singulière, qui l’a conduit à s’éloigner des sentiers battus : parti étudier quatre ans la musique de l’Inde du Sud auprès de la chanteuse Aruna Sairam, il apprend à la Schola Cantorum de Bâle les musiques du Moyen Âge et de la Renaissance avec Dominique Vellard, puis intègre des ensembles tels que Gilles Binchois, Alla Francesca, La Simphonie du Marais, XVIII-21, Akademia, La Grande Écurie et la Chambre du Roy, William Byrd, Huelgas Ensemble, Le Poème Harmonique, Artaserse (Philippe Jarousski). Il est l’un des pionniers du chant auto-accompagné. Convaincu que cette pratique historique est indispensable pour aborder certaines musiques du XVIIe siècle, il réunit au sein de l’ensemble Faenza, qu’il crée en 1996, des interprètes maîtrisant cette pratique.
Clélia Horvat se forme au chant dès l’enfance à la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles, avant d’intégrer le Département supérieur pour jeunes chanteurs du Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Paris, où elle obtient son Diplôme d’études musicales en juin 2024. Parallèlement, elle étudie le violoncelle d’abord à Rome, puis au CRR de Versailles et au Conservatoire Claude Debussy de Paris. Elle participe à de nombreuses productions musicales et scéniques. Elle a notamment tenu le rôle de Flora dans The Turn of the Screw (Philharmonie de Paris – CNSMDP, dir. Alexander Briger et mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman), celui de la Troisième Dame dans La Flûte enchantée (Salle Gaveau, mise en scène Florence Guignolet), ainsi que le rôle-titre dans Le Petit Prince, un conte musical de Balthazar Pouilloux, livre-disque à paraître chez Gallimard Jeunesse en avril 2026.
Francisco Mañalich, ténor et violiste chilien, se distingue par une approche rare : chanter en s’accompagnant d’instruments à cordes frottées (vièle, viole de gambe, arpeggione), du Moyen Âge à la période romantique. Formé à l’Université catholique du Chili puis à la Sorbonne et au CNSM de Paris auprès de Christophe Coin, il collabore avec des ensembles tels que Cappella Mediterranea, La Tempête, La Fenice et Le Poème Harmonique. En 2022, il crée Le Rêve et la plainte au Théâtre des Bouffes du Nord, dont il compose la musique, puis enregistre l’année suivante Guitare Sentimentale, où il s’accompagne à l’arpeggione. Fondateur de l’ensemble Comet Musicke, il publie en 2026, sous le label Ricercar, Le Premier livre des madrigaux de Pomponio Nenna.
Massimo Moscardo, luthiste italien, trace depuis plus de trois décennies un parcours entièrement dédié à la poésie des cordes pincées. Lauréat du premier prix de guitare au Conservatoire d’Alessandria (IT), il débute par la musique de chambre avant de s’orienter vers l’univers foisonnant de la musique ancienne. Invité par de prestigieux ensembles européens, il se produit dans les grands festivals en France et à l’étranger, contribuant à faire revivre un patrimoine musical d’une extraordinaire richesse. Sa participation à une soixantaine d’enregistrements discographiques, ainsi qu’à plusieurs musiques de films, témoigne d’un engagement constant au service du style, de l’écoute et de l’expressivité.
Olga Pitarch est diplômée en piano et en chant du Conservatoire Supérieur de Musique de Valencia (ES) et de la Musikhochschule de Vienne (AT). Après avoir pratiqué le répertoire contemporain et romantique, elle se concentre sur le répertoire baroque – en concert et à l’opéra – avec différents ensembles : Al ayre español, Le Parlement de Musique, Elyma, La Grande Écurie et la Chambre du Roy, Faenza, Akademia, Accentus Austria, La Fenice et Les Arts Florissants. Parmi ses enregistrements : Orlando de Porpora avec Real Compania Ópera de Cámera, Le retour d’Ulysse de Monteverdi avec Les Arts Florissants, Un bestiaire fabuleux avec Faenza, des émissions de radio pour Radio-France, ORF (AT), DRF (DE), BBC (UK) et pour la chaîne de télévision Mezzo.
Jaime Puente est diplômé en danse espagnole au Real Conservatorio Profesional de Danza “Mariemma” de Madrid. Danseur, chorégraphe et enseignant spécialisé dans les danses historiques et traditionnelles, il se produit dans de nombreuses compagnies : Ibérica de Danza, Ballet Folclórico de Madrid, Razas, Ballet de María Rosa, Luisillo, Carmen Cubillo, Antonio Márquez, Carmen Cantero, Esquivel, La Españoleta, Orfeo, Xuriach, Barroc Ballet, Axivil, La Floreta… Comme chorégraphe, il collabore avec Ibérica de Danza, Ballet Español de Carmen Cantero, compagnie de Lieven Baert, La Musgaña y Fetén Fetén, Teatro de la Zarzuela de Madrid…
Programme
Antonio Albanese (1728 - 1803) Que ne suis-je la fougère
Ferdinando Carulli (1770 -1841) Que ne suis-je la fougère
Fernando Sor (1778 - 1839) Las mujeres y cuerdas
Anonyme La Abispa
Fernando Sor Cuando de ti me aparto
Article Le Boléro de l’Encyclopédie de Ledhuy (1835)
Anonyme Tirana del animalito
Anonyme Expatriado
Manuel Garcia (1775 - 1832) Cuerpo bueno
Johann Kaspar Mertz (1806 - 1856) Jaleo de Jerez
Article Le Boléro de l’Encyclopédie de Ledhuy (1835)
Narciso Paz (ca 1750 - ?) Si piensas que por tu enojo
Fernando Sor Andonde vas Fernando
Rafael d’Amat dans Calaix de Sastre : description d’un bal à Barcelone (1792)
Fernando Sor Cesa de atormentarme
Fernando Sor Muchacha, y la verguenza
Johann Kaspar Mertz Tarantelle (extrait)
Théophile Gautier, Voyage en Espagne (1843)
Anonyme Ancha franja (La Manola)
Théophile Gautier, L’Art dramatique en France (1837)
Federico Moretti (1765 - 1838) Boleras de la bola
Narciso Paz No pidas sacrificios
Pierre-Yves Barré et Jean Baptiste Radet , Le Procès du fandango (1809)
Dionisio Aguado (1784 - 1849) Fandango
Manuel Garcia Poderoso caballero
Cycle Tout un monde lointain...
Important
Accès unique pour les concerts de 20h par le 129 rue de Grenelle (Face au pont Alexandre III).
Il est nécessaire d'acheter ses billets à la billetterie sur place de 10h à 17h30 ou en ligne