Napoléon ? Encore ! - De Marina Abramović à Yan Pei-Ming

Ce parcours contemporain propose aux artistes d'aujourd'hui de dévoiler leur regard sur la figure de Napoléon.

Horaires :

Tous les jours de 10h à 18h.
Du vendredi 7 mai 2021
au dimanche 13 février 2022

Conditions d'accès :

Plein tarif : 14€ - Tarif réduit : 11€ - Gratuit pour les moins de 18 ans

À propos de l'exposition

Ce parcours d’art contemporain est présenté en deux temps : la première partie à partir du 7 mai 2021 ; la seconde partie débutera à partir du 20 octobre 2021.

Pendant deux siècles, la figure de Napoléon a dominé non seulement l’histoire européenne, mais aussi la perception générale de cette dernière, en France mais aussi dans le reste du monde.

Génie pour les uns, ogre pour les autres, Napoléon a été le sujet et l’objet de centaines de milliers d’images, d’œuvres d’art, de livres puis de films, souvent engagés, qui ont durablement marqué l’histoire de l’art et de la culture, de Jacques-Louis David ou Jean-Dominique Ingres à Larry Rivers ou Marcel Broodthaers, de Louis Lumière ou Abel Gance à Youssef Chahine ou Alexander Sokourov.

Les transformations sociales et politiques ont peut-être amoindri sa place explicite dans la pensée contemporaine mais celle-ci reste vive parce que, au-delà de tout jugement de valeur, il a façonné un monde dont nous sommes, consciemment ou non, positivement ou négativement, les héritiers.

Liste des artistes :

Marina Abramović, Adel Abdessemed, Art & Language, Stéphane Calais, Pascal Convert,  Hélène Delprat, Damien Deroubaix, Pablo Gosselin, Laurent Grasso, Juliette Green, Fabrice Hyber,  Hervé Ingrand, Kapwani Kiwanga, Alexander Kluge avec Georg Baselitz, La Méduse,  Ange Leccia, Célia Muller, Yan Morvan, Hans Op de Beeck, Pavel Pepperstein, Edgar Sarin, Julian Schnabel, Shu Rui, Assan Smati, Georges Tony Stoll, Laure Subreville, Agnès Thurnauer, Yan Pei-Ming

 

 

 

Le bicentenaire de sa mort est l’occasion de comprendre et de voir ce que les artistes d’aujourd’hui peuvent faire de cet héritage et de cette personnalité en tout point exceptionnels, avec une distance sans doute plus grande que celle des générations précédentes, mais avec une acuité peut-être redoublée – chaque génération produisant ses propres conceptions et ses propres images de Napoléon.

Des œuvres d’art du XXIe siècle, réalisées par des artistes issus de contextes et de pays très différents, seront ainsi montrées dans les salles napoléoniennes du musée de l’Armée ainsi que dans divers lieux de l’Hôtel national des Invalides, qui est, depuis 1840 et le retour en France des Cendres de l’Empereur, le haut lieu de sa mémoire et d’un culte toujours vivant.

 

 

Certaines préexistent à cette exposition, d’autres ont fait l’objet de commandes spécifiques, sans prescription ni de sujet ni de point de vue.

Deux grandes commandes ont été passées à Pascal Convert et à Ange Leccia :

  • L'œuvre de Pascal Convert intervient dans le Dôme, en relation directe avec le tombeau de l’Empereur, en proposant une œuvre centrée sur le squelette de Marengo, cheval mythique saisi par les troupes anglaises à Waterloo.
  • Celle d'Ange Leccia propose une installation filmique monumentale dans la salle des Cavaliers, fondée sur des images rap-portées de Sainte-Hélène.

Choisies dans le cadre d’un dialogue serré avec les artistes, les autres œuvres présentent soit un rapport direct avec l’iconographie de Bonaparte (Georg Baselitz, Stéphane Calais, Laurent Grasso, Hervé Ingrand, Julian Schnabel, Georges Tony Stoll, Yan Pei-Ming) et avec les événements napoléoniens (Fabrice Hyber, Kapwani Kiwanga, Alexander Kluge, Yan Morvan, Pavel Pepperstein), soit un rapport plus oblique à la figure napoléonienne et à son héritage (Adel Abdessemed, Marina Abramović, Art & Language, Hélène Delprat, Damien Deroubaix, Edgar Sarin, Assan Smati).

 

Le parcours de l'exposition

Le parcours au sein du musée de l’Armée est ponctué d’œuvres de cinq artistes de moins de 35 ans – Pablo Gosselin, Juliette Green, Célia Muller, Shu Rui et Laure Subreville – qui ont été invités à réaliser une œuvre spécifique grâce au parrainage des artistes confirmés invités dans le parcours d'art contemporain, dans le cadre d’un soutien à la jeune création.

La seconde partie du parcours, qui se déroulera de décembre 2021 au 13 février 2022 dans les salles d’ex-position temporaires du musée de l’Armée, s’inscrit dans le prolongement de ces réflexions, plus spécifiquement sur la mort de Napoléon à proprement parler.

La première salle sera investie par une installation monumentale de l’artiste belge Hans Op de Beeck, œuvre invitant à la méditation sur la fin de vie de l’Empereur à Sainte- Hélène.
La seconde salle, scénographiée par le collectif d’artistes français La Méduse, proposera une réflexion sur le cinéma et l’histoire, à partir d’une série d’extraits de films où Napoléon figure de façon charismatique. Sa postérité au XXe siècle, transmise par le cinéma, sera l’occasion de rendre un hommage appuyé aux grands cinéastes et théoriciens qui ont souvent placé l’histoire au cœur de leur œuvre, tels que Vertov, Godard, Kluge, Syberberg, Portabella ou Sokourov.

 

 

Télécharger le parcours de l'exposition

Plan de l'exposition "Napoléon ? Encore !" (PDF - 321 K)

 

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Commissariat :

Éric de Chassey, directeur de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), professeur à l’École normale supérieure de Lyon
Julien Voinot, chargé de collections, département xıxe siècle et symbolique, musée de l’Armée

 

Mécène :

Fonds de dotation Emerige, CIC


Partenaires Media :

Le Monde, Le Point, Le Bonbon, RTL,  France Télévisions

 

#SaisonNapoleon
#NapoleonEncore

 

 

Le musée de l'Armée et l'art contemporain un retour aux sources ... pour demain

Aussi surprenant que cela puisse paraître, permettre à quelques-uns des artistes les plus pertinents de notre temps d'investir les espaces intérieurs et extérieurs placés sous la garde du musée de l'Armée au cœur des Invalides n'est en rien l'expression d'un dévoiement par rapport à sa vocation première, pas plus qu'une adhésion conformiste à une pratique devenue banale, à laquelle sacrifient désormais bon nombre d'institutions patrimoniales.

Le faire, c'est au contraire s'inscrire dans une forme de continuité et de constance dans l'audace. C'est renouer avec le grand dessein de son premier directeur, le général Gustave-Léon Niox (1840-1921), commandant (gouverneur) des Invalides, qui fixa au Musée l'objectif, devenu sa devise, de "rattacher le présent au passé pour assurer l'avenir" et lança dès l'automne 1914 le principe de missions artistiques aux armées pour documenter le conflit qui débutait. À côté des tenants d'une veine académique, les "modernes", héros du Salon des Indépendants et du Salon d'Automne, ne furent pas en reste sur le front et c'est à un maître nabi, Félix Vallotton (1865-1925) que revint d'offrir, sous une forme quasi abstraite, "cubo-futuriste", l'interprétation la plus saisissante de l'expérience picturale du feu à Verdun en 1917. Ses projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés, nuées de gaz, droites, aplats et "forces" entrechoqués, constituent l'un des chefs d'œuvre des collections du musée de l'Armée qui a, on le voit, toujours entretenu, au regard de sa propre histoire, une relation extrêmement étroite, voire consubstantielle, au contemporain.

Le faire, c'est enfin demeurer un musée d'histoire militaire capable d'éclairer la guerre en tant que phénomène, ainsi que ses acteurs, fussent-ils les plus illustres, dans toute la complexité et la diversité de leurs perceptions. Dans le cadre de l'extension prochaine du parcours permanent du Musée à la seconde moitié du XXe siècle et au XXIe siècle, une place décisive sera ainsi réservée au rôle joué par les artistes et les intellectuels en temps de guerre, aux formes que leur engagement a pu prendre, à la réception de celui-ci tant par les contemporains que par la postérité. Au-delà, de façon plus globale, le Musée continuera de placer au cœur de ses préoccupations la façon dont les époques, les groupes humains et les cultures ont représenté les conflits armés, qu'ils leur aient été contemporains ou pas, et les significations qui y sont attachées. 

"Dieu vivant de la guerre", nouvel Alexandre, Mars personnifié, hyperbole des conquérants, en même temps que sujet de prédilection de tous les arts réunis, encore aujourd'hui, Napoléon, décidément toujours aussi contemporain, ne pouvait échapper à ce qui participe pour le musée de l'Armée, en cette année du bicentenaire de sa mort, à une forme de retour aux sources.

 

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Le musée de l’Armée sera ouvert à partir du 19 mai 2021 à 10h, en respect des modalités sanitaires de visites en vigueur.