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Les origines militaires des expressions françaises

"Monter au créneau", "Tirer à boulets rouges", "Faire le mariolle"... Certaines des expressions françaises célèbres tirent leurs origines d'histoires et de faits militaires. Décryptage.

"Faire les 400 coups", "Tirer à boulets rouges", "Sabrer le champagne"... Vous employez ces expressions tous les jours, mais savez-vous qu'elles tirent leurs origines d'anecdotes et de faits militaires ? Retours sur les expressions de la langue française les plus célèbres et sur leurs origines...

Battre la chamade

Venue du persan shimata (qui signifie « fièvre » ou « vacarme ») par l’italien chiamata (« appel », « clameur »), la chamade est un puissant roulement de tambour joué pour signaler une reddition, accompagné parfois du célèbre drapeau blanc. Un cœur qui bat la chamade est donc sujet à une vive effervescence : il bat comme un tambour pour signaler son agitation et, si le trouble est amoureux, sa capitulation face aux charmes de celui – ou celle – à l’origine de cet émoi.

Texte : Louis-Marie Brulé, chargé des collections au Département Artillerie - Musée de l'Armée

 

Faire long feu

A l’époque des premières armes à feu, il fallait recharger avant chaque tir. Si la poudre était trop humide, elle ne se consumait pas et ne produisait pas l’explosion qui faisait partir le projectile. Le fusil “faisait long feu” et le soldat ratait son coup.
A ne pas confondre avec l’expression “Ne pas faire long feu”, quant à elle, qui fait référence à un véritable brasier. Elle repose sur l’image d’un feu de paille, rapide et éphémère.
“Faire long feu” renvoie donc à un échec et “Ne pas faire long feu”, à la brièveté d’une situation.
 

 

 

Tirer à boulets rouges

Cette expression très imagée signifie attaquer violemment quelqu’un par la parole ou par des écrits.

Elle trouve son origine dans l’artillerie de marine où les soldats faisaient chauffer des boulets dans des fours ou sur des grills afin qu’ils provoquent des incendies sur les bateaux ennemis.

 

 

Faire le mariolle

Héros des guerres de la Révolution et de l’Empire, Dominique Gaye-Mariolle est alors réputé pour sa bravoure et pour sa taille : plus de deux mètres ! Plusieurs fois blessé au combat, il est admis en tant que sapeur dans le corps des grenadiers de la Garde Impériale et fait chevalier de la Légion d’honneur.

En 1807, à la veille de l’entrevue de Tilsit entre le Tsar Alexandre et Napoléon Ier, l’Empereur passe en revue ses troupes et notamment le bataillon de Mariolle. Le sapeur, voulant se faire remarquer, aurait alors présenté les armes, non pas avec son fusil, mais avec un canon pesant plus d’une centaine de kilos ! Napoléon Ier n’aurait pas pris ombrage de ce geste arrogant et l’aurait félicité pour sa force.

De cette prouesse est née l’expression : « Faire le mariolle ».

 

 

Monter au créneau

Héros des guerres de la Révolution et de l’Empire, Dominique Gaye-Mariolle est alors réputé pour sa bravoure et pour sa taille : plus de deux mètres ! Plusieurs fois blessé au combat, il est admis en tant que sapeur dans le corps des grenadiers de la Garde Impériale et fait chevalier de la Légion d’honneur.

En 1807, à la veille de l’entrevue de Tilsit entre le Tsar Alexandre et Napoléon Ier, l’Empereur passe en revue ses troupes et notamment le bataillon de Mariolle. Le sapeur, voulant se faire remarquer, aurait alors présenté les armes, non pas avec son fusil, mais avec un canon pesant plus d’une centaine de kilos ! Napoléon Ier n’aurait pas pris ombrage de ce geste arrogant et l’aurait félicité pour sa force.

De cette prouesse est née l’expression : « Faire le mariolle ».

 

 

 

Aller au casse-pipe

“Aller au casse-pipe" ou “Casser sa pipe” est une expression synonyme de mort à l’origine floue, probablement militaire, que l’on retrouve dès le XVIIIe siècle.

Au début du XIXe, sur les champs de bataille napoléoniens, les chirurgiens auraient pris l’habitude de faire mordre leur pipe aux blessés pour les distraire des douleurs de l’opération. Si le blessé meurt, il relâche sa pipe qui tombe et se brise. Aller au casse-pipe, c’est ainsi charger vers une mort certaine, et l’expression fut largement popularisée dans les tranchées de la Grande Guerre.