Réunissons le couple Lasalle !

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Thérèse Figueur

Née en 1774 à Talmay en Côte-d’Or et orpheline à l’âge de neuf ans, Thérèse Figueur s’engage dans l’armée à dix-neuf ans. Elle rejoint les rangs des Fédéralistes où elle apprend à utiliser le canon et à monter à cheval.

À la suite de la défaite des Fédéralistes face aux Républicains, elle est faite prisonnière et est contrainte d’intégrer la Légion des Allobroges afin d’échapper à la guillotine.

 

Dragonne « Sans-Gêne »

Sa carrière de militaire évolue rapidement quand Thérèse Figueur se retrouve au siège de Toulon en 1793. Faisant preuve de courage, elle se fait surnommer « Sans-Gêne ». Enfin, la cavalière fait partie des 15e et 9e régiments des dragons, faisant preuve d’agilité à cheval.

Thérèse Figueur n’hésite pas à participer aux nombreuses batailles et campagnes militaires des guerres napoléoniennes. Son courage, son moral et sa persévérance sont appréciés au point que lors du décret du Comité de Salut Public interdisant le service militaire des femmes (1793), elle peut profiter d’une exception. En effet, si une vision nouvelle de la société s’est développée pendant la Révolution Française, même les Jacobins les plus radicaux rejetèrent l’idée de la participation des femmes dans le domaine militaire ou politique. Pour Thérèse Figueur, son sexe est souvent ignoré, éclipsé par ses nombreuses réussites sur les champs de bataille.

Après deux ans passées en prison en Angleterre, elle prend sa retraite militaire à Paris en 1815.

En 1818, l’ancienne dragonne retrouve son ami d’enfance, Clément Sutter, qu’elle épouse. Thérèse Figueur publie ses mémoires en 1842 avec l’aide de Saint-Germain Leduc.

Mémoration d’une femme en guerre

Durant sa longue vie, cette femme soldat a connu le règne de Louis XVI, la Révolution Française, le Ier Empire, les deux Restaurations, puis Louis-Philippe, la seconde République et même Napoléon III.

« [S]a mort [en 1861] passa inaperçue. On n’avait pas, alors, comme aujourd’hui le culte des héros. Et cependant, que d’hommes n’auraient pas accompli le quart des actions d’éclat de cette femme valeureuse. »[D’après Gabriel Dumay, 1904]

En 1893, l’auteur dramatique Victorien Sardou utilise le nom « Sans-Gêne » pour représenter un autre personnage du Premier Empire, Catherine Lefebvre. Cette simple décision engendre une confusion dans l’usage de ce nom de guerre de Thérèse Figueur.

En 1906, une statuette en cire est créée par un artiste amateur, L. Lachaud, et donnée au musée de l’Armée pour commémorer le courage exceptionnel de cette dragonne.

 

Texte rédigé par Daria Gorbaczewska, restauratrice de Sculptures